En effet, est-il opportun d'affecter ce paysage à une production d'électricité qui ne représente qu'un faible pourcentage de notre consommation?
Faisons remarquer que cette production couvrira tout de même les besoins de 4 à 5'000 ménages, donc plus que p.ex. la consommation de la Vallée de La Sagne? Plus globalement: quelle solution adopter pour couvrir notre consommation d'énergie sans cesse croissante tout en nous libérant de méthodes de production d'énergie non-renouvelable et hautement polluante comme le nucléaire?
Quelles alternatives avons-nous?
Il est certain que la solution la plus prometteuse, la plus rationnelle sans dommage pour l'environnement est - et restera - l'économie d'énergie. C'est la seule qui ne modifie pas le paysage. Mais jusqu'à maintenant les campagnes d'information et les mesures entreprises n'ont pas encore provoqué une baisse de la consommation, tout au plus ont-elles évité une augmentation encore plus marquée.
L'énergie solaire?
Un potentiel qu'il faut utiliser et encourager davantage. Malheureusement les bases légales qui auraient permis un encouragement plus important de l'utilisation de cette énergie renouvelable n'ont pas été acceptées en votation populaire.
De nouvelles centrales hydrauliques?
Leur impact sur le paysage et le régime hydraulique, nous le connaissons, et actuellement il n'est guère envisageable d'en construire de nouvelles en Suisse.
En attendant, l'énergie éolienne est une énergie propre qui peut servir de solution transitoire et d'appoint. N'oublions pas que ces installations peuvent être démantelées sans difficultés et sans danger pour la nature et l'environnement.
Alors, les implanter où?
La devise doit être : ni n'importe où, ni partout sans que ça rime avec "surtout pas chez nous". Certains critères doivent être observés : pas d'implantation dans les sites protégés (biotopes, réserves, zones protégées communales ou cantonales, sites de l'inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale, marais etc.), éviter les sites habités ou ceux encore "vierges" ou peu urbanisés et peu perturbés.
Ainsi nous nous sommes par exemple clairement prononcés contre l'implantation d'éoliennes au Grand Coeurie, à Tête-de-Ran (sommet), à Montagne de Buttes etc.
En ce qui concerne le site Crêt Meuron/Derrière Tête de Ran des installations (restaurant, téléski, desserte, conduites électriques, ligne à haute tension) se trouvent à proximité, l'endroit est déjà fortement fréquenté et aucune zone protégée n'est touchée. Malgré cela, il ne nous a pas été facile de prendre une décision, tant il est évident que de telles constructions ont un impact sur le paysage. Les uns les trouveront belles et les autres dérangeantes. Pour qu'elles restent une exception nous devons tous fournir un effort. Responsabilisons-nous et agissons dans l'immédiat en cessant de gaspiller l'énergie, en l'utilisant avec partimonie, en équipant nos maisons et chalets avec des capteurs solaires, en construisant des maisons minérgies, en éteignant les standbys, la lumière dans les locaux inoccupés, etc. C'est ainsi que nous pouvons contribuer à préserver nos paysages, la nature, notre santé!