Le problème est plus grave que la réintroduction de loups ou d'ours n'ayant plus leur place dans notre pays. En effet, une fois que le joujou lasse, il est facile, techniquement de revenir en arrière : il suffit de donner le feu vert aux chasseurs, ou de capturer les bêtes afin de les libérer dans une zone plus adéquate ou d'en faire don à un zoo. Il sera plus difficile de se défaire d'un parc industriel d'éoliennes. C'est pourquoi il faut bien y réfléchir dès maintenant. L'Association des Amis de Tête-de-Ran/La Vue-des-Alpes s'est constituée dans ce but.
L'existence de ce groupe est importante car la zone ou est prévue l'implantation est "sous-peuplée". La popu-lation du lieu ne fera donc pas le poids face aux technocrates cantonaux. Adepte du ski de fond, je connais bien la région, fréquentée par de nombreux randonneurs, été comme hiver, à deux ou en famille. Le site de la Vue-des-Alpes est particulièrement prisé car il permet de sortie des environnements citadins et INDUSTRIELS. Alors de grâce, pas de ville à la campagne!
L'opposition à cette implantation recouvre divers aspects. Parlons en premier de l'écologie.
Ce projet portera une importante atteinte au paysage. Comme nous l'avons déjà constaté, il sera difficile de revenir en arrière. Il faut savoir que les engins auront plus de 90 mètres de hauteur et plus de 60 mètres de diamètre.
Les machines font un bruit continu qui peut déranger non seulement le promeneur en quête de quiétude mais aussi la faune du lieu. De plus, ce genre d'engins, regroupés, tueront plusieurs dizaines, voire centaines d'oiseaux chaque année. Si par malheur une voie migratoire traverse le site, il faudra craindre des milliers de victimes.
Quand il s'agit de construire des lignes à haute tension, les écologistes et les habitants redoutent l' "électro-smog". Or, pour distribuer l'électricité produite, il faudra bien prévoir des transformateurs et des lignes. Ici encore, c'est la faune (sans parler de nos amies les vaches) qui sera dérangée. De plus, il faudra construire des routes goudronnées et poser des barrières pour tenir le quidam à l'écart. Tour ceci pour plusieurs dizaines de millions (dont une partie sur le dos du contribuable) et pour produire, tenez-vous bien, moins de 0,02% de l'électricité produite en Suisse. Cerise sur le gâteau, cette énergie est plus chère que celle produite par les barrages et les centrales atomiques. Au vu de ces arguments, je vous pose la question: les écologistes aiment-ils la nature?
Nous avons déjà eu ci-dessus un aperçu de l'aspect économique.
Voici encore quelques considérations :
Du point de vue touristique, ce genre de construction n'apporte pas grand chose, si ce n'est un pression plus forte sur le délicat équilibre écologique (augmentation du nombre des visiteurs, donc des voitures et des déprédations). Economiquement, les "visiteurs" ne laisseront rien, puisqu'il n'y a pas d'infrastructures d'accueil sur place, si ce n'est quelques restaurants ou buvettes d'alpage. Il est probable qu'il n'y aura pas de création d'emploi ou si peu que l'investissement ne se justifie pas.
Economiquement également, la construction des machines elle-même ne rapportera rien à l'industrie locale ou suisse, qui ne possède pas la technologie nécessaire.
Enfin, comme déjà vu, le produit fini sera plus cher. Que ceux qui veulent utiliser de l'énergie soi-disant propre investisse leur propre argent dans des installations privées, mais de grâce, conservons nos panoramas. Notre canton paie déjà un gros tribu aux casseurs de paysages, notamment par des constructions anarchiques de routes (Béroche bétonnée, Gorges du Seyon massacrée, Val-de-Travers en partie défiguré). Halte au massacre!
Au vue de ce qui précède, rien ne justifie cette atteinte au paysage et aux deniers publics.
Si les initiateurs de cette entreprise persistent, il y a fort à parier qui devront affronter une levée de boucliers, peut être ponctuée par un référendum!
Qu'en est-il de l'aspect légal?
N'étant pas juriste, il m'est impossible de répondre. Par contre, nous savons que le peuple à voté en 1990 une initiative pour la protection des Crêtes du Jura. Les votants avaient accepté cette initiative à plus de 90%. Si la mémoire de l'état est victime d'Alzheimer, cela n'est pas le cas de celle du peuple!