La région, un des meilleurs gisements de vent français, est submergée de projets depuis que les pouvoirs publics ont décidé de développer léolien.
Mais le manque de concertation, la saturation du réseau, etc.. posent des problèmes. La Scandinavie, en avance, pourrait être un exemple à suivre.
Languedoc-Roussillon.
Quelque 259 demandes de créations de fermes éoliennes ont été déposées pour la seule région du Languedoc-Roussillon. La plupart se situe dans lAude (100 demandes exactement) qui est le 2e meilleur gisement éolien dEurope. Cet engouement pour léolien remonte à lan dernier, date à laquelle le gouvernement a adapté une directive européenne qui demande aux états de développer les moyens de production en énergie renouvelable à hauteur de 21 % dici 2010.
Mais pour bien comprendre le développement de léolien en France, et plus particulièrement en Languedoc-Roussilon, il faut remonter à 1993, comme lexplique Jean Claude Gibrac, le délégué régional adjoint dEDF : "Les pouvoirs publics ont décidé de lancer un programme éolien au début des années 90. Cest à ce moment-là que les premiers parcs ont été créés à Port-la-Nouvelle et à Sallèles-Limousis, dans lAude".
Du programme Eole 2005...
Puis il faudra attendre 1997 et la mise en place du programme Eole 2005 pour que léolien connaisse un véritable essor. "Il sagit du premier système réglementaire daides à léolien lancé en France, poursuit J.-C. Gibrac. Il était basé sur le principe des appels à proposition. Les opérateurs privés devaient déposer leur dossier en proposant eux-mêmes un prix de rachat de lélectricité à EDF qui, si elle retenait le projet, sengageait à maintenir le prix pendant 15 ans". Dans ce cadre, de nombreux projets ont émergé dans la région. Ce sont finalement 14 dossiers qui ont été retenus en Languedoc-Roussillon, soit la moitié du programme français. Dans le détail, 9 projets ont été retenus dans lAude, 1 dans le Gard, 2 dans lHérault et 2 dans les P.-O. A ce jour, cinq sont en service, un est en cours de réalisation, quatre seront réalisés dici 2003 et quatre autres sont bloqués pour des raisons de permis de construire, dopposition de la population, etc. "Pour Eole 2005, le prix moyen de rachat de lélectricité par EDF était légèrement supérieur à 0,05 centime deuro le kw/h", se rappelle J.-C. Gibrac.
... à la loi sur lélectricité.
Mais ce système a été remis en question en 2000 avec la loi sur lélectricité. Celle-ci propose deux mécanismes pour développer léolien : celui de lappel à proposition et celui de la détermination dun prix de rachat. Le gouvernement a choisi le second système. J.-C. Gibrac explique : "Le décret du 8 juin 2001 pose le principe du prix de rachat, par EDF, de lélectricité produite par les installations éoliennes à 0,08 centime deuros le kw/h les cinq premières années de fonctionnement. Puis le prix varie de 0,03 à 0,08 ct deuros les dix années suivantes en fonction de la qualité du vent".
En quelque mois, entre Eole 2005 et la loi sur lélectricité, le prix de rachat est donc passé de 0,05 ct deuros le kw/h à 0,08. Un nouveau tarif qui a provoqué une avalanche de projets déposés dans la région. "Aujourdhui, léolien est devenu la nouvelle ruée vers lor, commente Jean Cottave, délégué régional dEDF. Mais les dossiers ne sont pas toujours sérieux. Par ailleurs, le nombre important de projets effraie les populations, notamment dans lAude, le département le plus touché". La contestation sest dailleurs organisée en associations un peu partout, reprochant aux pouvoirs publics un sérieux manque de concertation. Un mouvement qui a incité le gouvernement à imposer une enquête publique pour les projets supérieurs à 2,5 MW en mai dernier.
Saturation du réseau.
Aujourdhui, près de 60 MW déolien sont déjà en service en Languedoc-Roussillon, ce qui positionne la région loin devant les autres. Quelque 3 200 MW sont en attente dans les divers projets. Lobjectif des pouvoirs publics de développer de léolien est donc atteint. Mais reste un problème majeur, celui du transport de lénergie. Le réseau électrique régional, qui est souvent ancien, ne peut évacuer que 350 MW supplémentaires. Linstallation de nouvelles lignes haute tension et très haute tension devra donc être envisagée en fonction de laboutissement des projets. Encore un sujet qui soulève la colère des populations, et qui laisse présager un nouveau souffle de contestation...