Communiqué de presse
L'énergie éolienne entre en conflit avec la protection du paysage - La FP critique la taille de plus en plus grande des installations et exige une limitation du nombre des emplacements potentiels Les sources d'énergie renouvelables doivent sans aucun doute être encouragées, mais leur compatibilité environnementale doit également être démontrée. La FP reste très sceptique face aux développements récents dans le domaine de l'énergie éolienne: les installations de plus en plus grandes (jusqu'à 130 mètres de hauteur totale, 170 mètres dans certains pays d'Europe) produisent un impact considérable sur le paysage. Dans une prise de position actualisée, la FP exige que la protection du paysage soit davantage prise en compte et demande une planification à l'échelle nationale pour limiter le nombre d'emplacements exploitables.
Sur le plan environnemental, l'exploitation de l'énergie éolienne est vulnérable pas son impact sur le paysage. C'est pourquoi, dès 1996, la FP a été la première organisation de protection de l'environnement à se prononcer à ce sujet en Suisse et a proposé une série de critères pour la planification des emplacements susceptibles d'accueillir des éoliennes. Ces critères ont été ensuite adoptés dans le rapport «Windkraft und Landschaftsschutz» de l'Office fédéral de l'énergie (1996). A cette époque, on parlait d'installations d'un ordre de grandeur de 600 kW (hauteur jusqu'à environ 60 mètres: pylône de 40 mètres, rayon du rotor de 20 mètres).
Aujourd'hui, la discussion porte sur des installations d'une taille nettement supérieure (1-1.5 MW pour une hauteur pouvant dépasser les 100 mètres), ainsi que sur de petits parcs d'éoliennes (de 2 à 8 turbines). Ces types d'installations entrent fortement en conflit avec la protection du paysage.
Parmi les projets les plus conflictuels, citons celui de Sainte-Croix (VD), ceux des montagnes neuchâteloises (Crêt-Meuron, Montagne de Buttes, etc.) et du Jura bernois (extension du parc d'éoliennes de Mont-Crosin), ceux prévus dans la future réserve de la biosphère d'Entlebuch (LU) et près d'Arosa (crête du Weisshorn). Il a même été envisagé d'en installer sur le site protégé du Chasseral, projet finalement abandonné.
Devant ce développement tendant à l'utilisation d'éoliennes de plus en plus hautes, la FP a réexaminé sa position de 1996 en la confirmant et la précisant. Après une analyse approfondie des avantages et des inconvénients de l'énergie éolienne, le Conseil de fondation a adopté une prise de position le 19 juin 2001. La FP y affirme que sur le territoire suisse, densément utilisé et dont le paysage est finement structuré, les éoliennes dépassant 60 mètres de hauteur ne sont pas opportunes.
Afin d'éviter un nouveau désastre comparable à celui des antennes de téléphonie mobile, elle revendique également une planification de l'énergie éolienne à l'échelle nationale permettant de fixer suffisamment tôt les limites de ce développement.