Nuisances sonores, interférences sur les écrans de télé...
Alors qu'une charte départementale vient d'être publiée, censée définir les conditions d'installation des parcs éoliens dans le département du Finistère, à Dinéault, près de Châteaulin, la population environnante n'en peut plus de subir les conséquences de la mise en service d'un parc de quatre éoliennes. Aujourd'hui, les riverains demandent des comptes au promoteur.
« Depuis le début de l'année, je ne reçois plus France 2. J'ai appelé un spécialiste : ça ne vient pas de mon antenne ». Les témoignages de riverains sont légion qui disent, peu ou prou, la même chose.
Avalanche de plaintes
Pourtant, à l'origine, chacun s'accordait à louer le projet de Frédéric Cordelle, promoteur privé, désireux de créer un parc éolien sur les hauteurs de Menez-Braz. Mais aujourd'hui, ils n'en finissent pas de maudire « ces oiseaux de malheur ».
Saisie du problème, la municipalité s'en est inquiétée auprès de l'opérateur de diffusion, en l'occurrence TDF. D'abord perplexe devant l'avalanche de plaintes en Bretagne, l'établissement public commence à prendre la question très au sérieux. « Techniquement, TDF peut installer un relais. Mais le CSA lui répond qu'il n'y a plus de canaux disponibles », rapporte Jacques Cariou, le maire de Dinéault.
A Plouarzel, mêmes causes, mêmes effets, on ne reçoit plus le décrochage de France 3 régional et le projet d'extension du parc soulève également un vent de contestation.
Un bruit continu
Et puis, il y a le bruit. Un bruit de fond continu. « C'est comme si un tracteur retournait la terre sans arrêt », témoigne un voisin. « Moins il y a de vent, et plus on l'entend », remarque un autre. Mais tous sont unanimes sur un point : « Le niveau sonore est de plus en plus élevé et le couloir sonore de plus en plus large ». Le promoteur paraît gêné aux entournures. Il évoque « un simple bruit de voisinage difficilement évitable ».
Un autre riverain s'interroge : « Je suis passé au pied du parc de Goulien. Les huit éoliennes tournaient à plein régime et je n'entendais rien. Ici, il y en a trois qui fonctionnent, et c'est le boucan ». D'où cette question : « Est-ce que ces éoliennes ne seraient pas trop anciennes » ?
Phénomènes bien connus en Europe
Pour Bertrand Le Borgne, vice-président de l'association « Les Abers » (*) implantée à Plouvien, la question de la vétusté du matériel est accessoire. Ce qu'il déplore, c'est l'absence, en France, d'étude scientifique argumentée sur les impacts potentiels.
« Ces machines sont méconnues en France. On assimile leur impact à des bruits standard alors qu'elles sont soumises à des bruits particuliers. Au Danemark, premier pays au monde dans le domaine, il y a longtemps qu'on a pris la mesure du problème. En Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, le phénomène est connu depuis près de dix ans et le prix de vente des maisons concernées a chuté. On ne construit pas un parc à moins de 500 m d'une habitation », éclaire-t-il.
Une charte insuffisante
L'association « Les Abers » a collecté une somme d'informations en Europe attestant de ces nuisances. Elle a eu son mot à dire dans la rédaction de la charte départementale qui vient d'être publiée. Un document de référence qu'elle juge utile en l'état, mais encore trop laxiste, notamment sur la question du bruit.
(*) Cette association qui agit pour la défense de l'environnement a entamé une procédure auprès du tribunal administratif pour faire annuler le permis de construire de huit éoliennes à Plouvien