Bien que la France figure parmi les mauvais élèves de la classe européenne dans ce domaine, les projets d'implantation d'éoliennes se multiplient, notamment en zone rurale.
Cette déferlante ne va pas sans grincement de dents y compris chez les défenseurs de l'environnement, pourtant favorables à cette source d'énergie propre.
Au point que le sénateur RPR de la Manche Jean-François Le Grand a rédigé une proposition de loi pour tenter de mettre un frein aux installations anarchiques. Relatif « à l'implantation des éoliennes et à la protection de l'environnement », le texte propose de renforcer la réglementation actuelle. Il vient d'être adopté, à l'unanimité par la commission des affaires économiques et du plan du Sénat.
« On voit se développer une pression irraisonnée sur les sites et les paysages, écrit le parlementaire dans l'exposé des motifs. Des communes se laissent tenter par la perspective de taxes professionnelles supplémentaires, sans vraiment analyser les conséquences en matière d'impact, sur le paysage. Des particuliers se laissent également convaincre par des promesses d'ordre financier. »
D'où l'idée de « soumettre préalablement à limplantation de toute structure éolienne de plus de douze mètres à la réalisation d'une étude d'impact, ainsi qu'à une enquête publique. »
De par leur nature même, l'installation d'« aérogénérateurs » n'est jamais neutre dans un paysage. Il s'agit en effet de constructions très élevées, pouvant dépasser cent mètres de hauteur et visibles jusqu'à trente kilomètres. Elles doivent être plantées dans des zones exposées au vent, dégagées, offrant des vues remarquables comme les côtes, les collines et les régions montagneuses. Si l'on ajoute à cela le bruit provoqué par les éoliennes, on comprend l'opposition soulevée par certains projets.
Dans le Calvados, une association a été créée afin de mettre en garde la population contre une soixantaine de programmes qualifiés « d'aberration écologique, économique et visuelle ».
Dans le Finistère une charte visant à réglementer l'implantation des éoliennes a récemment vu le jour.
Aujourd'hui, seules les constructions de plus de douze mètres doivent faire l'objet d'un permis de construire. La proposition de loi de Jean-François Le Grand stipule que les projets d'implantation de structures éoliennes d'au moins 2,5 mégawatts de puissance installée (cest-à-dire de production maximale d'électricité en une heure par éolienne) seront désormais soumis à une étude d'impact et qu'une enquête publique sera obligatoirement déclenchée pour les aérogénérateurs de plus de douze mètres de haut. Par ailleurs des garanties financières de remise en état des sites après exploitation seront exigées.
Les éoliennes sont inégalement réparties sur le territoire français. Le Languedoc-Roussillon, la Corse et la Bretagne forment le tiercé de tête. Le Nord-Pas-de-Calais tente de rattraper son retard en réalisant d'ici à deux ans le plus important parc éolien. A l'échelle de l'Europe, la France (112 MW installés) est nettement distancée par l'Allemagne (8 750 MW), l'Espagne (3 300 MW) et le Danemark (2 400 MW)