En Suisse, depuis les années 50, la part consommée par les ménages ne cesse daugmenter, et elle augmente plus vite que celle des autres catégories dutilisateurs. Elle représente 30% de la consommation totale délectricité. Mais savez-vous quune partie non négligeable de cette énergie disparaît dans les appareils électriques qui occupent nos logements ?
A titre dexemple, 1 kWh représente 7 heures de télévision ou 2 jours dun réfrigérateur familial. Les plus gourmands en énergie sont les modèles qui produisent de la chaleur ou du froid : fours, congélateurs, fers à repasser, etc. Et comme on a tendance à multiplier les nouveaux appareils, le compteur tourne de plus en plus vite.
Conrad Brunner est lune des têtes pensantes de SAFE, lAgence suisse pour lefficacité énergétique. Cet architecte et ingénieur de formation pratique au quotidien la chasse au gaspi en matière délectricité. Une activité qui, dans un appartement, revient à traquer la consommation des appareils électriques que la plupart dentre nous utilisons chaque jour : "Il y a surtout 3 systèmes qui sont les plus grands consommateurs. Le chaud, ce qui veut dire le four et la cuisinière, le froid, soit le frigo et le congélateur, et troisièmement tous les appareils en "stand by", qui consomment alors qu'ils ne sont pas en fonction."
Le stand by ou mode de veille, cest un peu la consommation cachée des appareils électriques. On le trouve partout, dans la cuisine, sur la télévision, lordinateur, le téléphone ou le fax. Et comme aujourdhui les ménages tendent à séquiper toujours plus, le résultat est une consommation délectricité en constante hausse.
Pour comprendre la part quoccupe cette fonction stand by dans la consommation délectricité, il suffit de suivre cette démonstration : "Ici, on a un système régulier de hifi stéréo avec tourne-disques et CD. On entend de la musique et on voit que ça consomme à peu près 44 Watts. Si je coupe la musique, j'éteins tous les systèmes, je vois que j'ai toujours 35 Watts de consommation. Cela veut dire que le système de veille "stand by" représente 80% de la consommation."
En fait, à lexception du fax, le mode de veille nest pas indispensable au fonctionnement normal de lappareil. Son atout réside dans le confort dutilisation et dans la possibilité deffectuer diverses programmations.
Pour un ménage, la part de la consommation totale due au stand by représente 15% de la facture délectricité.
Mais en matière déconomies délectricité, une part non négligeable revient à léclairage de lhabitat qui représente 10% de la consommation annuelle des ménages. Depuis plusieurs années, de nombreuses lampes économes ont fait leur apparition dans le commerce. Leur consommation est 5 fois inférieure aux lampes conventionnelles. Aujourdhui, à quantité de lumière égale, la durée de vie dune lampe économe compacte de 20 W est 8 fois plus importante que celle dune lampe à incandescence de 100 W.
Donc, pour 8000 heures de fonctionnement, on économise 100 francs. Quant à la qualité de la lumière, il ny a presque plus de différence avec les lampes à incandescence.
Lautre cheval de bataille de lAgence pour lefficacité énergétique, cest de vérifier lapplication de lordonnance fédérale qui demande que tout lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur ou congélateur comporte le label dénergie. Cette étiquette, inspirée de la législation européenne, indique la consommation des appareils, des meilleurs au plus énergivores. "
Sur Top Ten, site officiel de lAgence suisse pour lefficacité énergétique, on peut trouver la classification dun grand nombre de modèles de ce genre.
Cest pratique, car pour ce type dappareil, si l'on veut comparer les prix, il faut impérativement tenir compte de la consommation énergétique sur 10 ans. Daprès les calculs effectués par lagence, un ménage économisera en moyenne 200 francs par an avec un modèle économique.
Avant dacheter un appareil, cela vaut la peine de considérer sa consommation en énergie et de faire un petit calcul, surtout si lappareil a une longue durée de vie. Et sil y a un chiffre à retenir, cest le coût annuel du stand by dans les ménages et les bureaux du pays : 130 millions.
Si l'on additionne ce chiffre aux autres économies possibles, notamment grâce à la mise sur le marché dappareils moins gourmands, on arrive à 750 millions sur les 2,5 milliards dépensés chaque année par les particuliers, ce qui fait 30% déconomie.