Tribune des lecteurs en réaction au comité national pour la promotion de l'énergie éolienne.
Jean-Marc Colomb,
vice-président de lAssociation des amis de Tête-de-Ran / La Vue-des-Alpes
Et pourquoi pas lénergie marémotrice ?
Se donner bonne conscience est une opération généralement facile et qui ne coûte pas cher. Il suffit le plus souvent dignorer lessentiel des faits ou de les biaiser - avec les meilleures intentions du monde - de manière à pouvoir croire sans se fatiguer à une quelconque thèse, fût-elle posée sur le vide.
Cest exactement à ce genre dopération cosmétique que se sont livrées quelques personnes (LImpartial / L'Express, 25.9.2002 ; p. 4, « Mobilisation pour les éoliennes ») en soutenant une « charte » prônant lutilisation de lénergie éolienne en Suisse aux fins, notamment, de réduire les émissions de gaz à effet de serre alors que notre pays, exportateur excédentaire de courant par ailleurs, produit la totalité de son électricité sans émission de gaz à effet de serre.
Chercher à capter à grande échelle lénergie du vent dans notre pays est tout simplement une sottise technique et économique. Cest également une illusion pour écologistes de la dernière pluie.
On peut en effet démontrer, en toute rigueur technique, que la contribution du « gisement éolien » aux énergies renouvelables ne peut être, en Suisse, que négligeable, cest-à-dire de lordre du millième de la consommation.
Une dizaine déoliennes dune centaine de mètres de hauteur, sur nos crêtes neuchâteloises, peineraient à fournir (à un prix dailleurs exorbitant) le centième de la consommation électrique du canton.
Notons aussi quune réduction de 10% de la consommation des seuls appareils électroménagers correspondrait, à léchelon du pays, à la production denviron 700 éoliennes de très grande puissance.
En revanche, les apports possibles de lénergie solaire et, surtout, des techniques de gestion et déconomie dénergie sont, eux, dun tout autre ordre de grandeur.
Mais daucuns, dont certains convertis de dernière heure aux énergies renouvelables, tiennent absolument à produire dabord, et ici, du courant avec des aérogénératrices faites pour des bordures maritimes
Voilà qui est bizarre. Les techniques déconomie, ce sera, sans doute, pour plus tard ?
Cela posé, il faut évidemment être dune mauvaise foi insigne - ou souffrir dune vue encore plus courte que basse - pour prétendre que des machines tournantes de près de 100 mètres de hauteur sintègreront dans nos paysages de crêtes neuchâteloises. Ce nest pas de laveuglement, cest du mauvais goût !
A suivre les tenants des éoliennes, ces dernières auraient de surcroît un rôle « pédagogique ». La belle affaire ! Pourquoi les amis des vents ne proposent-ils pas, dès lors, dinstaller leurs chères machines au su et à la vue de tout un chacun, en de belles lignes, au milieu de nos lacs ? Les wattmètres ny trouveraient certes toujours pas leur compte mais la pédagogie écologiste devrait y trouver le sien.
Nous mettons au défi - pour conclure - tout scientifique ou technicien sérieux, informé de ce quest léconomie énergétique, de nous démontrer que lénergie éolienne puisse être autre chose, en Suisse, quun petit peu de vent et beaucoup dillusions.