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12.11.2002 - Midi Libre

Le mouvement de fronde anti-éoliennes se développe.

Le mouvement de fronde contre la multiplication anarchique des parcs éoliens est désormais généralisé sur tout le département. A l'ouest, dénonçant le manque de « concertation avec les populations et les acteurs économiques locaux », le cru Minervois sonne, depuis janvier 2001, le tocsin face à la prolifération des moulins à vent des temps modernes.
« Plus qu'hier, nous devons associer la qualité de nos vins avec la qualité de notre environnement, la richesse et la diversité de nos paysages et de nos patrimoines », écrit Philippe Coste, président du cru Minervois, dans L'Itinéraire du vigneron, magazine du syndicat.
Les vignerons du Minervois ne sont pas opposés à l'essor de l'énergie éolienne, mais ils s'indignent que les pouvoirs publics laissent « s'implanter de façon anarchique un projet industriel particulièrement destructeur pour les paysages ».
Alors que se met en place une démarche de "Tourisme et Terroir", le syndicat regrette qu'aucun schéma cohérent, à l'échelle départementale ou régionale, ne régisse l'installation des éoliennes.
Le 16 septembre, le cru Minervois a déposé une requête en annulation au tribunal administratif de Montpellier, concernant le permis de construire de la centrale de Cabrespine, pour défaut de concertation. Il a aussi donné un avis défavorable au projet de Bagnoles, et appuiera la demande de référé suspensif déposé par l'Apromi concernant le permis de construire d'éoliennes de Serre d'Oupia.
Reste désormais à savoir si les autres acteurs de la filière viticole sont prêts à emboîter le pas du cru Minervois dans sa "croisade" contre la prolifération des aérogénérateurs. Le syndicat de l'appellation Corbières est vigilant mais ne s'est, pour l'heure, pas engagé sur le terrain judiciaire.
Plus à l'est, huit associations de défense contre l'implantation d'éoliennes ont décidé de former le collectif "Mont d'Orb, Escandorgue, Lodévois, Larzac".
« La beauté du Languedoc-Roussillon et de ses paysages jusque-là préservés, c'est son atout majeur, estimait Claude Bénézet, présidente de DPL. Or, on assiste à une multiplication de projets qui vont dénaturer des sites sensibles, plusieurs sociétés privées développant chacune son projet ». Ces antiéoliens ne sont pas contre l'éolien, mais contre l'implantation anarchique de projets. Plutôt qu'un saupoudrage dans des zones sensibles (souvent en crête), ils préconisent une concentration dans des zones déjà défigurées.
Ce comité proposera son aide à toute nouvelle association qui verrait le jour. « Dorénavant, ce sera : un projet, une association », a annoncé Claude Bénézet. « Tout permis de construire sera systématiquement dénoncé devant le tribunal administratif. On sait que la procédure est très longue, et le temps joue pour nous. »
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