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04.12.2002 - Clicanoo.com - Le Journal de l'île

Les projets éoliens de Sainte-Rose et Sainte-Suzanne contestés

Le programme dénergie renouvelable initié depuis plus de deux ans par la Région risque-t-il de prendre du retard ? La question se pose avec de plus en plus dinsistance même si administrativement le projet semble en bonne voie. Hier la commission dexperts indépendants mise en place par la préfecture sest prononcée positivement sur le dossier dimplantation de deux fermes éoliennes à Sainte-Rose et à Sainte-Suzanne, laissant du coup au préfet toute latitude pour délivrer les permis de construire. Des permis de construire qui permettraient à la société financière SIIF, maître douvrage de lopération, et à lentreprise Vergnet, spécialisée dans la fabrication daérogénérateurs, dinstaller dans les mois à venir les équipements nécessaires à la production dénergie éolienne à la Réunion.
La décision du représentant de lÉtat risque pourtant dêtre plus difficile quil ny paraît à prendre tant les intérêts en jeu sont contradictoires.
La pertinence des options proposées en question.
La volonté des promoteurs du projet se heurte à la fois aujourdhui aux réticences de la Srepen et à lhostilité de la Cgper. Dans un courrier transmis hier après-midi à la préfecture, le président du syndicat agricole sinterroge ouvertement sur lopportunité dun tel investissement. Jean-Yves Minatchy estime que lédification de 23 éoliennes à Sainte-Rose et dune quarantaine de mâts à Sainte-Suzanne mobiliserait un espace de près de 60 000 mètres carrés, soit près de six hectares de terres dédiés actuellement à lagriculture. Le numéro un de la CGPER fait remarquer que le potentiel de gisement éolien est faible sur les deux sites retenus par la société SIIF, et quaucune étude sur limpact paysager et les nuisances sonores effectives na été finalisée. A Sainte-Suzanne, Jean-Yves Minatchy considère même que les porteurs du dossier seraient obligés de défricher le terrain pour installer leurs équipements, et quils violeraient donc le plan doccupation des sols (POS), une analyse contestée néanmoins par la direction régionale de lenvironnement.
La Cgper ne part pas seule au combat. La Srepen a aussi critiqué hier ces projets dimplantation de fermes éoliennes dans lEst de lîle, soulignant quil était urgent dattendre les résultats définitifs des études avant de sacrifier de nouvelles terres agricoles. Techniquement, la solution proposée par lentreprise Vergnet est enfin contestée depuis quelques jours par dautres opérateurs. La semaine dernière, la société Théolia, installée à Aix-en-Provence et spécialisée dans le développement des énergies renouvelables, sest étonnée publiquement que lÉtat sapprête à délivrer des permis de construire sans sassurer de la pertinence des options proposées et des hypothèses alternatives qui pourraient être étudiées.
Désormais, la bataille nest donc plus uniquement agricole, elle est aussi commerciale, voire politique. La Cgper et la Srepen envisagent dintroduire un recours devant le tribunal administratif si le préfet entérine la décision de la commission technique. Ces différentes organisations pourraient être rejointes dans leur combat par le groupe socialiste de la Région, bien décidé à se démarquer de la politique environnementale menée par le président Paul Vergès. A un an et demi des régionales, cela peut toujours servir
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