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19.01.2003 - L'Indépendant

Les éoliennes de la colère à Fitou

Alors que la commune dispose déjà dun parc déoliennes, Fitou 1, un deuxième programme devrait voir le jour cet été. Une décision qui a provoqué le mécontentement dassociations et de riverains protecteurs du paysage.
Il suffit quun nouveau projet dimplantation déoliennes sorte des cartons, pour que protecteurs du paysage et défenseurs de lénergie propre sopposent. Ainsi dune demande de permis de construire portant sur la commune de Fitou, qui était examinée jeudi matin par la commission des sites.
Selon nos sources, il semblerait que cette dernière ait rendu un avis favorable. Cet avis consultatif ne lie en aucun cas le préfet, seul habilité à délivrer le précieux sésame. Mais sauf surprise, le représentant de lEtat, qui doit motiver sa décision, devrait se ranger aux conclusions de la commission.
A la grande satisfaction dAlisé Energie, responsable de ce projet de quatre nouvelles machines sur les lieux-dits les Courtiels et le Bourdoul. "Si tout se passe bien, les travaux pourraient démarrer cet été" commente Jean-Paul Boulze, P-DG de lentreprise.
Jubilation des uns, mécontentement des autres.
Car pour les résidents de la commune, voir surgir un deuxième parc, à moins dun kilomètre des premières habitations, est la goutte deau faisant déborder le vase. "On na pas été consulté" fulmine lun. "Cest faux, le projet était inscrit au cadastre depuis des années", rétorque le maire Patrick Tarrius. Quoi quil en soit, les habitants nont officiellement pris connaissance de linformation que le 10 janvier. Le temps de signer une pétition, relayée par lassociation Vents Contraires.
"Les dès sont pipés. Même sil existe une réelle opposition, les décisions sont déjà prises", regrette Denis Codorniou, son président. "Depuis trois ans, on assiste à un triplement du parc des éoliennes. Cette modification brutale et dynamique du paysage inspire un sentiment de crainte", salarme Hans Barsczus, membre de lassociation du patrimoine culturel de Sigean et des Corbières maritimes.
"Fitou va ressembler à Paris by night."
Les deux hommes sétonnent surtout de voir resurgir un projet initialement refusé par le préfet le 18 avril dernier. "Il sagit en fait de la mouture dun plan antérieur concernant les Courtiels et le Pla des Arques", informe Hans Barsczus. Conséquence, les habitants redoutent désormais limpact paysager et socio-économique des futures pales. "Encadré dun mur déoliennes, Fitou va ressembler à Paris by night", déplore Denis Codorniou.
Les défenseurs dune économie conciliant tourisme rural et viticulture craignent pour leur avenir. A linverse de Franck Tarrius, tout heureux de pouvoir bénéficier de la future taxe professionnelle, qui sera répartie entre les différents acteurs de la communauté de communes. "Compte tenu des considérations financières, nous ne pouvons quêtre favorables à un deuxième champ déoliennes. A Fitou, je ne peux vendre que du vin, des cailloux et du vent. Etant opposé aux carrières, jai choisi les éoliennes. Et puis je trouve ça beau", témoigne ce denier.
"Les éoliennes terrestres sont dépassées."
Cette future implantation résulte ainsi de la libéralisation dun marché de lénergie permettant aux sociétés de démarcher directement les communes. Une situation en passe dêtre mieux encadrée, conformément à la loi du 3 janvier 2003, relative au nouveau régime du permis de construire des éoliennes. A lavenir, elle soumet les éoliennes dune hauteur supérieure ou égale à 25 mètres à enquête publique. La mise en place dun cadre juridique clair, permettant dorganiser au niveau local la concertation dans la transparence, devrait désarmer les litiges nés de limplantation, parfois anarchique, des éoliennes. "Nous avons fait le choix de concentrer toutes les éoliennes sur le même secteur. Je considère donc la zone comme propice, même sil est impossible de faire lunanimité", se défend Jean-Paul Boulze.
Conscients du rôle grandissant joué par cette énergie, ses détracteurs sinterrogent tout de même : "Nous ne faisons pas de lanti-éolien primaire, mais nous considérons que les éoliennes terrestres sont dépassées. Pourquoi ne pas privilégier les solutions offshore ?" exhortent-ils. Loin des côtes, loin de Fitou.
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