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15.01.2003 - Le Midi Libre

Les éoliennes en mer ont encore le bec dans leau

Léolien reste plus que jamais dactualité dans lhexagone. En particulier en Languedoc-Roussillon, où les projets terrestres émergent régulièrement, avec la discorde en toile de fond. Le monde de la viticulture, notamment, est assez divisé sur la question.
La France doit faire des choix. LEurope demande en effet que 21 % de la production électrique nationale, dici 2010, résulte de lénergie renouvelable. Aujourdhui, grâce à lhydraulique, on atteint 15,5 %.
Que pèsera léolien ?
Toujours à lhorizon 2010, la France prévoit den avoir installé 10 000 mégawatts. Il est prévu que la région assure le dixième de cette production. Sur ces 1 000 MW, le off-shore (installations en mer) produira 300 MW.
Pour lheure, ce offshore est inexistant le long des côtes françaises. Ce nest pas faute de projets, mais en raison des atermoiements de lEtat qui na pas encore arrêté les conditions juridico-économiques dun développement. Il ny a pas plus dinformations quant à léventuel tarif de rachat par EDF.
Toutes ces questions ont fait débat, la semaine dernière à Montpellier, dans le cadre des "Jeudis de lenvironnement", initiés par lAgence Méditerranéenne de lEnvironnement.
Parmi les intervenants, des représentants de "Total Energie développement" - une filiale du groupe Total-Fina-Elf- ont exposé létat davancement du seul projet qui retienne véritablement lattention en Languedoc-Roussillon.
Total, qui attend donc que la situation administrative se décante, envisage toujours linstallation de 40 MW (12, 14 ou 16 machines) à 8 km du rivage, face à Port-la-Nouvelle ou Gruissan. Les mâts seraient immergés dans des fonds dune quarantaine de mètres. La hauteur au-dessus de leau se situerait entre 100 et 120 mètres. Total a développé ce projet parallèlement à trois autres, dans le Nord, en Bretagne et dans le Cotentin. « Loffshore, pour nous, cest lEurope » explique Jean-Christophe Oudin, chef de projet. En effet, il faut savoir que Total a aussi entrepris des démarches pour installer 120 MW au large de Zeebrugge et autant en Hollande.
En France, lEtat a formulé une « réponse dattente ». Agnès Long (Services maritimes) précise quune concertation régionale a déjà eu lieu mais qu« on ne peut se détacher de la réflexion nationale ».
Chez Total, on prend son mal en impatience
« Si notre projet aboutit en 2006 ou 2007, ce sera pas mal ! » Comme il se doit, le Groupe a déposé une autorisation doccuper le domaine public maritime, avant celle qui concernera le permis de construire. Au niveau de Port-la-Nouvelle (communauté de communes Corbières-Méditerranée), mais aussi de la communauté de communes et de lagglomération de Narbonne, les élus sont favorables au projet. Henri Martin, maire de La-Nouvelle le réaffirme. A linstar de Dominique Blanchard, président du comité local des pêches maritimes et des élevages marins du quartier de Port-Vendres, il estime que loffshore peut générer des activités touristiques et aider ainsi à la reconversion des pêcheurs détangs dont lactivité sétiole. Dominique Blanchard, dont la position ne fait pas lunanimité chez les professionnels de la pêche, est intéressé par ces éoliennes. « Cest un moyen de production sans risques. Et laspect récifs artificiels constitue une belle opportunité. De plus, ça empêcherait le chalutage dans la zone des 3 milles » résume-t-il.
Pour Jean Cottave, délégué régional EDF, 300 MW offshore ne présenteront pas de problème pour le réseau. Pour les installations en mer, il faut un poste de livraison à proximité du rivage. Puis 20 à 30 Km de lignes pour se raccorder au réseau. Si lon opte pour des lignes aérienes, lesthétique en prend encore un coup
Cet aspect, ajouté à la silhouette imposante des machines, est susceptible de focaliser des critiques. Dautres réticences sont exprimées par les usagers de la mer , notamment les professionnels.
Léolien sortira-t-il de leau ? Rien de sûr encore.
Chez Total, on reconnaît quun projet offshore nest pas économiquement viable par lui-même. Cest certainement pour cela que les opérateurs ne se bousculent pas au portillon.
Il faut savoir quà terre un mégawatt installé coûte un million deuros. Pour le projet de La Nouvelle, ce sera 2,5 millions deuros par mégawatt
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