|
07.02.2003 - Midi Libre

On les annonçait sur le Larzac ou sur les hauts cantons biterrois.

Un projet mené dans la discrétion . Un seul recours déjà déposé 11 machines à la place de 31 . Le site va-t-il se transformer en pépinière ?
On les annonçait sur le Larzac ou sur les hauts cantons biterrois. Mais les projets d'éoliennes y sont cloués à terre par les vents de diverses oppositions : un front de riverains, de syndicats viticoles (notre édition du 24 janvier 2003) et d'écologistes.
Si l'énergie dite renouvelable est bien dans l'air du temps, l'arrivée des éoliennes dans le paysage est souvent perçue comme une intrusion. Un sacré paradoxe. Habilement désamorcé, semble-t-il, sur la commune d'Aumelas où surgiront, dans quelques semaines, les onze premières éoliennes du département. A une quinzaine de kilomètres seulement au nord-ouest de Montpellier.
Signé par le préfet en septembre 2002, le permis de construire a été déposé par la société Energies du Midi, avec la bénédiction de la mairie d'Aumelas. Cette dernière jouant les intermédiaires auprès des deux propriétaires privés qui ont signé un contrat avec l'exploitant des éoliennes. Le début du chantier est prévu en mars. Les aérogénérateurs devraient tourner avant la fin de l'année.
Pour réussir cette opération, Energies du Midi et la mairie d'Aumelas ont d'abord misé sur la discrétion. Même si les premières délibérations municipales datent d'avril 2000. « Nous n'avons jamais caché ce projet. Notre communauté de communes a été informée ainsi que les communes voisines de Villeveyrac, Montbazin et Poussan, commente Jean-Claude Ponce, le maire d'Aumelas, Depuis septembre 2001, la population est consultée. Aucune opposition ne s'est manifestée. »
Un recours a tout de même été déposé auprès du tribunal administratif. Par Pascal Leblanc, un des rares riverains du futur parc éolien situé sur les crêtes désertiques de La Moure : « Le projet est resté très confidentiel pendant deux ans, et l'obtention du permis de construire a coïncidé avec l'arrivée d'un nouveau préfet. »
Mais le permis de construire a surtout été débloqué à la suite d'importantes modifications d'un projet qui comptait à l'origine 31 éoliennes. Les rétractations de plusieurs propriétaires, intéressés puis réticents, et un avis réservé de la Diren (Direction régionale de l'environnement) ont en effet incité l'opérateur à réduire le parc à 11 machines. La mairie d'Aumelas a, elle aussi, poussé dans le sens d'un projet plus raisonné, voire raisonnable. La seule stratégie possible pour faire avancer ce dossier délicat.
De fait, avec 11 éoliennes, l'impact visuel sur le paysage, principal inconvénient de ce type d'installation, est beaucoup plus limité qu'avec 31 machines. De surcroît regroupées, « alors que le projet initial souffrait d'éparpillement », indique-t-on à la Diren.
Les éoliennes ne seront visibles que de l'entrée de Villeveyrac (route de Poussan) et dans les environs de l'abbaye de Valmagne. Troisième monument historique du secteur avec le château d'Aumelas et l'église de Cardonnet. Un impact visuel intermittent sera également perceptible depuis la petite route de Cabrials. « Le dossier révisé est aujourd'hui acceptable mais le gros problème c'est que d'autres éoliennes sont en projet dans le même secteur » explique Pascal Leblanc.
Les communes voisines de Villeveyrac et de Saint-Pargoire instruisent en effet des dossiers de parcs éoliens, auxquels s'ajoute un projet privé sur Montbazin, et d'autres encore masqués.
Outre de l'énergie, les éoliennes constituent des sources de revenus non négligeables .
Les collines de La Moure se transformeront-elles en pépinière d'aérogénérateurs ? La mise en place d'une nouvelle législation et d'un schéma régional d'implantation devrait canaliser cette course vers Eole.
|