"Non aux Eoliennes", "Pas d'éoliennes à moins d'un kilomètre", Clitourps, petit village de la Manche, est recouvert depuis plusieurs semaines de pancartes contre un projet d'implantation de six éoliennes sur la commune, défendu par la municipalité, auquel s'oppose une partie des administrés qui craignent une nuisance sonore et visuelle.
Le développement des éoliennes, à l'ordre du jour du débat national qui s'est ouvert lundi pour deux jours à Rennes en présence de la ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine et de la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot, ne fait pas l'unanimité des 144 habitants de la petite commune du Val-de-Saire, dont plusieurs se sont regroupés dans une association "Bien vivre à Clitourps".
"Nous dénonçons d'abord une nuisance sonore. Même s'il n'y a pas de réglementation, des études montrent qu'il ne faut pas installer une éolienne à moins de 500 m des habitations", explique Martine Deeves, présidente de l'association.
"Ce que nous souhaitons, c'est que ces éoliennes soient repoussées à 1 km", martèle la présidente, conseillère municipale d'opposition, qui dénonce également "une nuisance visuelle importante, et un effet stroboscopique désastreux avec le soleil". "Au niveau de la revente des maisons, on va souffrir d'une décote patrimoniale importante", déplore-t-elle.
Selon le projet, les éoliennes, hautes de 63,5 m, pales comprises, seront installées sur les hauteurs de la commune, à une distance de 330 m à 660 m des habitations, explique le maire, Bernard Lebaron, qui se veut défenseur des énergies renouvelables.
Enquête publique
"Selon les études menées sur le bruit par l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et la DIREM (Direction des ressources énergétiques et minérales), les matériaux utilisés pour la construction nous permettent de les mettre à cette distance", assure-t-il.
"Si on les repousse à 3 km, on ne pourra en placer aucune, et à 1 km il ne pourra y en avoir qu'une ou deux seulement", justifie-t-il.
Affirmant qu'aucun impact sur la valeur du patrimoine n'a été constaté dans les précédentes études sur le sujet, le maire explique le parc éolien est "un atout" qui pourrait rapporter 26.678 euros par an à la commune, proche de l'aéroport de Cherbourg.
Le projet d'implantation fait actuellement l'objet d'une enquête publique, première du genre depuis que cette procédure a été rendue obligatoire pour toute éolienne d'une hauteur égale ou supérieure à 25 m, à la suite d'une disposition rajoutée le 3 janvier dernier à la loi sur l'ouverture des marchés du gaz.
Les habitants ont jusqu'au 31 mai pour se prononcer.