Actuellement, le projet d'implantation d'éoliennes au Crêt-Meuron près de Tête-de-Ran est entre les mains des tribunaux successifs sollicités au gré des recours. Ainsi on peu regretter que la population neuchâteloise nait pas pu se prononcer sur un sujet qui méritait un vaste débat public. La volonté populaire exprimée en 1966 en faveur de la protection des Crêtes serait peut-être infléchie aujourd'hui. Au lieu de consulter à nouveau le peuple pour savoir si ce dernier estime que la promotion des énergies renouvelables de type éolien vaut plus que la protection du paysage, l'Etat sappuie sur la doctrine, interprète par juristes interposés, pour éviter tout débat démocratique sur la question. Ainsi le citoyen favorable ou opposé au projet ne peut pas être satisfait de la méthode employée par l'Etat pour réaliser ses desseins.
Panorama bouleversé
Ainsi, le débat sur l'implantation de ces « moulins à vent » modernes n'a que peu touché la population de la cité. Pourtant, l'impact paysager de ces gigantesques installations (sept éoliennes de 93 mètres de haut, soit 20 à 30 mètres de plus que celles du Mont-Crosin) est important. Les Chaux-de-Fonniers auront un panorama en partie bouleversé du côté sud, puisque ces installations couperont la ligne d'horizon. Pour l'instant, ils ne peuvent guère l'imaginer tant l'information - en image notamment - sur ce dossier a été contenue. Par le jeu des perspectives, le seul photomontage disponible montrant la situation vue de La Chaux-de-Fonds ne permet pas bien de concevoir l'impact de cette implantation.
Le Conseil communal chaux-de-fonnier a évidemment été consulté sur ces éoliennes. Mais, il s'est concentré sur la question de la problématique du site dit de « La Racine » (à l'ouest de Pouillerel). A ce propos, l'exécutif avait pensé que ce dernier serait nettement visible de la ville. Aussi, avait-il fait part de sa désapprobation et de sa vive préoccupation à l'égard de ce projet. Mais il ne sest pas attardé sur la question - moins brûlante à ses yeux - du Crêt-Meuron, malgré un impact paysager sans doute beaucoup plus dommageable.
Juridisme
En fin de compte, la décision concernant cette implantation ne sera pas tranchée par les personnes les plus concernées - logiquement le corps électoral neuchâtelois - mais par un tribunal. C'est une occasion manquée de laisser le peuple se prononcer sur la problématique du développement durable. Ce sujet sensible pour notre avenir méritait un meilleur traitement.
Que l'on soit partisan ou non de l'énergie éolienne, on ne peut pas être satisfait du fonctionnement de notre démocratie dans ce dossier. Les autorités publiques se devaient d'écouter l'ensemble des citoyens sur cet objet et non parier sur un succès juridique pour imposer unilatéralement leur vision. (sp/thb)