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Revue de presse suisse


07.06.2003 - Le Courrier

« Nous ne voulons pas d’un Disneyland éolien ! »

Un manifeste s’oppose à l’implantation, en Suisse, d’une filière éolienne dont les prémisses pointent le bout de leurs pales sur les crêtes neuchâteloises.

Propos recueillis par Isabelle Stucki

A peine a-t-il été lancé que le «Manifeste pour la défense du paysage suisse et contre son industrialisation par l’implantation de parcs éolien» a récolté l’appui de diverses personnalités issues des milieux universitaires et politiques. Si le Heimatschutz de Zurich en est l’un des défenseurs, Bernard Chapuis, Président de l’Association des Amis de Tête-de-Ran/La Vue des Alpes (NE), où sont censées s’installer sept grandes éoliennes, explique les mobiles qui l’ont conduit à participer au groupe de travail qui a élaboré le manifeste.

Le Courrier : Vous avez un chalet sur le site du Crêt-Meuron/Tête-de-Ran, où pourraient être implantées des éoliennes: quels intérêts défendez-vous?
- Bernard Chapuis - Je suis d’abord un amoureux des crêtes du Jura qui se bat pour un idéal. Je me suis intéressé à la problématique d’une implantation d’éoliennes au Crêt-Meuron pour comprendre dans quelle mesure elle se justifiait. L’étiquette de «propriétaire de chalet» est souvent mise en évidence dans la presse pour diaboliser notre opposition et nous faire passer pour des égoïstes. C’est un discours qui coupe court à toute discussion de fond.

Par le biais d’un manifeste, vous vous opposez au développement de l’énergie éolienne en Suisse. Pourquoi?
- Le pays ne s’y prête pas. Sa topographie ainsi que les conditions de vent y sont peu propices. Et le territoire est exigu. En conséquence, la quantité d’énergie qui pourrait être produite est inintéressante. Il faudrait des dizaines de milliers de machines pour engendrer la quantité d’énergie nécessaire à remplacer ne serait-ce qu’une partie du parc nucléaire.

Combien d’éoliennes faudrait-il pour remplacer Mühleberg?
- Dans les 3000 machines de grande puissance. Soit des éoliennes d’une hauteur de 60 à 70 mètres au sommet du mat, avec en plus des pales de plus de 30 mètres de rayon. Et cela dans un bon emplacement et dans des conditions météorologiques excellentes. Sinon, il faudrait doubler le nombre machines. Et le multiplier par quatre si les éoliennes étaient de plus petite dimension.

Existe-t-il, en Suisse, la volonté de développer une filière éolienne?
- Un mandat a été confié par la Confédération à l’Office fédéral de l’énergie. Dans ce cadre, un groupe de travail s’est constitué. Les résultats des travaux nous montrent qu’il y a des projets et une façon de penser. Pour 2010, les objectifs de la Confédération sont assez limités. Lorsqu’il a été imaginé que le projet du Crêt-Meuron/Tête-de-Ran se réaliserait sans difficulté, le Département de l’aménagement du territoire du canton de Neuchâtel a suggéré à la Confédération d’augmenter ses objectifs, le plan d’affectation cantonal stipulant que le Jura, Neuchâtel et Crêt-Meuron/Tête-de-Ran sont les lieux idéaux pour développer une filière en Suisse.

Quel est le projet pour Neuchâtel?
- Le concept national pour le développement de l’énergie éolienne envisage 67 machines de grande dimension, implantées de la Montagne de Diesse à Chaumont. Et 27 machines de La Vue-des-Alpes à la Tourne. Et encore 13 sur la Tourne. A Mont-Soleil, 60 à 70 machines sont prévues.

Votre manifeste parle plus en termes paysagers qu’en termes énergétiques, alors que de nombreuses personnes trouvent les éoliennes très esthétiques, même en grand nombre. Pouvez-vous éclaircir votre position?
- Le manifeste fait la pesée d’intérêt  entre l’énergie produite et de l’impact sur le paysage. Construire des machines en zone de crête, dans des endroits ouverts, c’est une manière de placer le paysage en toile de fond, et de donner une connotation industrielle. Et comme du point de vue énergétique, il n’y a pas de raisons de le faire…

Les citoyens ne sont donc pas informés correctement?
- Les promoteurs surfent sur l’existence d’un «Disneyland éolien», qui est celui de Mont-Soleil et Mont-Crosin. Là, les éoliennes sont de taille modeste. Et l’endroit est en forme de plateau et n’est donc pas comparable à une implantation en secteur de crête.
Il n’y a pas intérêt, du point de vue du lobby éolien, à ce que se développe un discours présentant la réalité des faits. D’ailleurs, les photomontages sont ceux des promoteurs et minimisent l’impact sur le paysage. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau spot de «l’économie touristique business» qui se banalisera, une fois l’effet de mode passé! C’est d’ailleurs une déplorable erreur stratégique de la part des milieux touristiques neuchâtelois que de miser sur l’industrialisation des crêtes pour vendre la région.

Pour vous, par quoi passe le développement durable en matière d’énergie?
- Il s’agit de développer les techniques d’économie d’énergie, de promouvoir les modifications comportementales de la part des consommateurs, de travailler sur l’augmentation de l’efficacité énergétique. Il convient aussi de continuer le travail sur l’hydraulique et le micro-hydraulique. La Suisse a aussi un beau potentiel dans la filière du bois et celle des déchets organiques. Pour le solaire, il faut valoriser sa part thermique. Finalement, le plus intéressant réside aujourd’hui dans la géothermie, grâce à laquelle, dans un délai de 20 ans, la totalité du parc nucléaire pourrait être remplacée.
Pour l’éolien, les chiffres les plus optimistes avancés pour la Suisse sont de l’ordre de 3% d’énergie électrique suisse, ce qui représenterait la construction de dizaines de milliers de machines! C’est simplement inenvisageable.

Alors pourquoi, selon vous, la Confédération s’obstine-t-elle?
- En fait, plus que de produire de l’énergie, les tenants de la filière justifient le développement de l’éolien en Suisse afin d’acquérir des compétences dans ce domaine et de s’exporter sur les marchés étrangers, en plein en «boum». C’est cette argumentation qui nous est rétorquée quand nous disons que les éoliennes ne sont pas «énergétiquement intéressantes» pour la Suisse.

Qu’attendez-vous du manifeste?
- En Suisse, nous ne sommes qu’au démarrage de la filière, les objectifs officiels pour 2010 représentent 2 pour mille de la consommation suisse d’électricité. Mais le lobby éolien ne compte pas en rester là. Et visiblement, dans les tiroirs de l’administration fédérale, il y a des velléités d’aller plus loin et de couvrir les régions jurassiennes d’éoliennes. Nous souhaitons alerter l’opinion publique et les milieux politique de l’erreur commise en poursuivant un soutien à la filière éolienne.

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