Un vent de révolte souffle sur l'éolien. Les éoliennes, longtemps symbole d'une énergie renouvelable promise à un bel avenir, se heurtent à une contestation grandissante. De nouvelles alliances se forgent contre les moulins à vent.
Elles étaient censées remplacer les centrales nucléaires, et dans la foulée aussi pourquoi pas le charbon qui pollue, et même faire joli et attirer une nouvelle forme de tourisme. Mais quelques dix ans après leur boom au Danemark et alors quelles poussent comme des champignons dans le reste de lEurope, les éoliennes ont de plus en plus de détracteurs dans les opinions publiques. Nuisances sonores, pollution visuelle, danger pour certaines espèces doiseaux migrateurs et inefficacité économique, les griefs sont nombreux, et de plus en plus entendus.
La résistance locale aux projets dimplantation de parcs éoliens a toujours existé comme toute autoroute ou hypermarché, un parc éolien est toujours malvenu pour les riverains. Mais la résistance a changé de dimension, selon les activistes. On sent que les choses bougent, selon Bernard Chapuis, qui préside une association Suisse de protection des crêtes du Jura. Il y a de plus en plus de sites Internet, on est en contact avec dautres associations en Forêt Noire, en France. Windkraftgegner.de , en Allemagne, recense toutes les initiatives locales contre les éoliennes. De même, en Ecosse lorganisation Views of Scotland fédère les actions de mouvements de protection du paysage inquiets par linflation du nombre déoliennes.
Le message est arrivé aux oreilles des politiques et le Ministre français de lEconomie, Francis Mer, a tiédi les enthousiasmes lan dernier. Quant à lénergie éolienne, son futur demeure incertain, principalement à cause de ses effets secondaires sur lenvironnement, a-t-il déclaré à lAssemblée lannée dernière. En Allemagne, le plus gros producteur mondial dénergie éolienne, simpose lentement lidée que lénergie éolienne ne pourra pas combler le vide laissé par lénergie nucléaire, qui naura plus sa place dans la production dénergie du pays à partir de 2020.
Les producteurs dénergie, qui font activement pression pour que le processus de sortie du nucléaire soit revu, fournissent un soutien précieux aux associations avec une argumentation économique. Ainsi le géant E.On, qui a calculé et répète à lenvie que lénergie éolienne va coûter entre 23 et 51 milliards deuros à lAllemagne dici à 2011.
L es inconditionnels du vent espèrent un salut de la mer. Les parcs éoliens du futur seront situés au large des côtes, là ou le vent est assuré de souffler et ou ils ne défigureront pas le paysage. Mais les parcs offshore ne seront pas au point avant 2010, au mieux.
Mathilde Richter
Publié en janvier 2003