Pour les besoins de lenquête et par précaution, toutes les pales du port de Boulogne seront démontées. Les quatre éoliennes victimes du même mal ?
Quatre mois. Cest le délai demandé par les quatre experts dépêchés autour de léolienne brisée, sur le port de Boulogne-sur-Mer, pour rendre leurs conclusions définitives. En attendant, les pales des trois éoliennes indemnes seront démontées. En effet, lhypothèse dun défaut de conception est aujourdhui la plus souvent retenue pour expliquer laccident survenu dans la nuit de la Saint-Sylvestre. « Les problèmes se situeraient plutôt du côté de la relation entre les pales et la couronne », expliquait hier Gérald Lesigne, procureur de la République à Boulogne-sur-Mer.
Or, les quatre éoliennes du Portel sont de conception identique. Le rotor de chacune sera démonté. Les experts pourront ainsi tenter de comprendre ce qui sest passé et effectuer des reconstitutions de laccident, aucun cas similaire nayant été constaté dans la région. Dautres pièces, elles, ont déjà été emmenées en laboratoire.
Dangereuses, même à larrêt.
Ce démontage est aussi une mesure de précaution.
Les pales des éoliennes, dont la production a été stoppée lundi, « présenteraient un danger, même à larrêt », confiait hier leur propriétaire, Grégoire Verhaeghe. Il a dailleurs arrêté une autre éolienne, à Bondues. Celles quil possède près dAbbeville, de conception différente, continuent de tourner.
Les pales et une partie de la couronne des éoliennes du port de Boulogne ont été fabriquées par la société ATV, installée près dAix-en-Provence. ATV, anciennement Atout Vent, sétait dotée dans les années 1990 dun site de production, fermé depuis, à Douai.
Lentreprise est malgré tout toujours présente dans léolien régional. Elle sous-traite pour une filiale de Framatome, basée à Jeumont, près de Maubeuge. Or, cette société est le principal fournisseur de la société anonyme déconomie mixte locale Eoliennes Nord - Pas-de-Calais, une émanation du conseil régional qui assure la maîtrise doeuvre de plusieurs sites du schéma régional éolien.
Hier, un ingénieur dATV, présent à Boulogne-sur-Mer ces derniers jours, se disait « surpris » des interrogations sur la fiabilité de sa production. « Nous avons des pales qui tournent en Suède et dans le désert américain. Je nai aucun doute sur la pertinence de nos solutions. Cest ce quon montrera aux experts. » Ces derniers pourraient rendre leurs premières conclusions dès le début du printemps.
Pierre-Yves Carlier