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17.01.2004 - eoliennes.net

Se battre contre les moulins à vent dans la Provence ensoleillée

Par Julian More International Herald Tribune Vendredi 2 janvier 2004
Bien au courant de Kyoto, le maire de Visan , notre village du Vaucluse a dit : « Nous devons combattre l'effet de serre ! ». Mon épouse et moi étions à la mairie pour enquêter sur un secret bien gardé : l'implantation de huit éoliennes de 100 mètres de haut sur le plateau de Visan-Vinsobres au-dessus de notre maison.
Ces éoliennes seraient visibles jusqu'à 30 kilomètres par temps clair et audibles jusqu'à 5 kilomètres par vent fort - une profanation de la ravissante vallée de l'Eygues , renommée pour ses vins des Côtes-du-Rhône, et juste à 15 kilomètres de Vaison-la-Romaine , un centre touristique.
« C'est le progrès » a ajouté le maire.
Progrès ? C'est plutôt tuer la poule aux ufs d'or.
Le maire croit que nos éoliennes vont attirer les touristes. Mais qui ? Des Danois, des Britanniques, des Néerlandais et des Allemands, dont beaucoup doutent déjà de l'efficacité de leurs propres éoliennes, se précipitant sur l'Autoroute du Soleil pour voir les nôtres ? Au lieu de cela, ils pourraient bien aller ailleurs pour leur soleil, leur vin et la beauté naturelle du paysage, qualité particulière de la vie de Provence souvent prise comme acquis par les gens du pays comme notre maire vigneron.
En tant qu'originaire du Pays de Galles, où les fermes de moutons ont été malheureusement remplacées par les fermes du vent, je ne suis pas venu à Visan pour voir des vignes et des champs de lavande éclipsés par ces géants blancs inhumains. La protestation démarre, cependant. Nous avons lu dans Le Monde du 7 novembre que le puissant groupe de pression français de léolien était contesté par des parlementaires de gauche et de droite, qui remettent en cause le coût élevé des subventions du gouvernement pour une source d'énergie renouvelable bruyante, omniprésente, chère et inefficace.
Le gouvernement français s'est engagé, avec le reste de l'Europe à passer de 15 % en 1999 à 21 % en 2010 dénergie renouvelable. Déjà, par son attachement à lénergie nucléaire, la France est le bon élève de l'Europe en ce qui concerne la pollution atmosphérique; le Danemark, le pays le plus impliqué dans léolien, est le mauvais élève, ayant besoin de combustibles fossiles traditionnels, qui s'ajoutent aux émissions de gaz à effet de serre, pour épauler ses éoliennes quand le vent ne souffle pas.
Une réunion officielle d'information, promise depuis juin par la commune de Visan et promoteur des éoliennes, la Société Ventura, n'a pas eu lieu. Nous n'étions pas surpris. C'est la ruse classique des pro-éoliens de repousser la réunion jusqu'à la veille de la demande du permis de construire à la mairie. Ce qui ne laisse aux protestataires que deux mois pour s'organiser avant que le préfet donne ou non son accord. Quelle que soit la conviction personnelle du préfet, il s'oppose rarement aux souhaits d'un maire.
Alors nous avons coiffé au poteau la réunion de Ventura en organisant notre propre comité de défense pour informer les gens du pays de quelques faits désagréables. Notre groupe était composé d'une vigneronne Suisse, un hôtelier bourguignon, deux Britanniques, quelques vignerons mécontents des Côtes-du-Rhône, menés par le président de leur association, Philippe Chanabas, et Jean-Claude Leyraud, un activiste expérimenté de Rasteau , du côté opposé de la Vallée de lEygues.
Nous pouvions aussi compter sur le soutien de villages comme Buisson et Villedieu , qui seraient aux premières loges pour la vue sur nos huit géants blancs sans aucun des bénéfices financiers.
Nous avions réservé la salle du village. Envoyé des tracts à tous les habitants. Même notre maire pro-éolien accepta de faire face aux critiques, assis avec notre comité aux côtés de notre porte-parole, Jean-Yves Ferez. Je pense qu'il s'imaginait que personne ne viendrait. A 20h30, l'heure officielle du début de la réunion, personne n'était là - même notre projectionniste pour le film de 22 minutes que nous devions passer, « L'Argent du Vent ». Avions-nous été sabotés ? Non, nous étions en Provence, où rien ne commence à l'heure. La demi-heure suivante, la salle semplit de plus de 200 personnes. Le film montrait comment, dans l'Aude, des promoteurs arrogants, avides d'euros faciles, avaient écrasé de petits villages avec leurs éoliennes imposantes, ce qui avait amené un ressentiment profond parmi les gens du pays et même des menaces de mort contre les dissidents. Ce n'était pas une belle image.
Alain Bruguier, président de la Fédération Vent de Colère, déclencha un débat plein d'entrain en révélant l'obligation de l'Électricité de France de payer trois fois plus pour l'énergie éolienne que l'énergie nucléaire et la subvention payée par les impôts et la hausse des factures d'électricité. En d'autres mots, par nous-mêmes.
La commune de Visan bénéficierait de la taxe professionnelle que Ventura paierait, de 20 000 à 60 000 euros par an daprès ce quon dit. Le maire a déclaré : « Nous avons besoin de cet argent pour une nouvelle école et l'entretien des routes». Il a raison, mais Visan est une commune riche, dépendante du vin et du tourisme. Ne devrions-nous pas plutôt exploiter ces atouts uniques ?
Oubliez les éoliennes pour Visan. Le futur de l'énergie renouvelable est dans les panneaux solaires, le méthane, le bio-diesel, et les sources géothermiques. Et pourquoi ne pas économiser l'électricité que nous avons déjà?
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