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12.02.2004 - Le Parisien

Vent de fronde contre le projet d'éoliennes

Un champ déoliennes va-t-il pousser sur le plateau au sud de Mantes ? Deux entreprises, Total et la Compagnie du vent, prospectent actuellement un secteur compris entre Boinville-en-Mantois et Thoiry. Chacune aimerait y implanter une quinzaine d'éoliennes pour produire de l'électricité. Mais cette perspective n'enchante guère les habitants d'Arnouville-Hargeville et de Jumeauville-Andelu.
« Cela va défigurer notre paysage. On compte déjà beaucoup de pylônes électriques », s'inquiètent des riverains de cette zone rurale et vallonnée ainsi que des membres de l'association Sauver* rejoints par ceux d'un nouveau comité Pas comme à vent. Le procédé, qui semble écologique, est pourtant rejeté par les associations de défense de l'environnement. En ligne de mire, les nuisances sonores et visuelles que ces machines de 120 mètres de haut équipées de pales de 40 mètres pourraient engendrer.
« Cela va défigurer notre paysage » « Nous voyons beaucoup d'inconvénients, explique François Millochau, président de l'association Sauver, fermement opposée au projet. Il y a bien sûr les conséquences visuelles et sonores. Mais il en existe d'autres encore. Les chasseurs seront empêchés de s'adonner à leur pratique autour de l'appareil. Idem pour les agriculteurs. Les maires, qui ne sont pas encore décidés, pensent évidemment aux avantages en nature : la taxe professionnelle. Mais n'oublions pas que cette taxe dépendra du rendement financier de ces appareils. Et ici, il y a beaucoup de semaines sans vent... » D'autres arguments reviennent dans la bouche des habitants inquiets. Comme la baisse du prix de l'immobilier ou de l'activité touristique, liée à l'arrivée des éoliennes.
Pourtant, les nouvelles générations d'aérogénérateurs, comme celui installé à Guitrancourt, sont très peu bruyantes. Certaines éoliennes parviennent même à plaire aux habitants ! « De toute façon, si nous construisons quelque chose, nous utiliserons les nouvelles technologies, explique Gilles Cochevelou, directeur des énergies renouvelables à Total. Mais j'insiste : pour l'instant, nous en sommes à la phase de prospection. Rien n'est décidé. » Si le projet voit le jour, ce ne sera pas avant 2006-2007. Et même les associations hostiles n'ont pas encore prévu de manifestation. Elles établissent des contacts entre elles afin de rassembler un maximum de personnes. Les détracteurs parient également sur les élections régionales et cantonales, prévues au printemps. « Les candidats seront bien obligés de se positionner sur le problème des éoliennes », se délecte, par avance, un militant. *Sauver : association de Sauvegarde d'Arnouville, d'union et vigilance pour l'environnement de la région.
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