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23.02.2004 - Le Midi Libre

Les éoliennes sèment le vent de la contestation.

Salles-Curan : l'ex-maire contre le vent de l'éolien
A l'exception notable du "Merdellou", à Peux-et-Couffouleux, peu de dossiers éoliens peuvent se targuer de ne pas faire de vagues. L'ambitieux projet de Salles-Curan, trente pylônes à proximité des "Canabières", n'échappe pas au vent de fronde.
Celui-ci est traduit, sinon porté, par un « simple administré » pas tout à fait étranger à la vie politique locale, l'ancien maire David Bouviala. Lequel rejoint le front pour le moins pluriel des opposants à l'implantation d'éoliennes, « gadgets déjà dépassés » à ses yeux.
Dans un long communiqué, David Bouviala s'interroge sur l'opportunité véritable que représente le projet, porté par la société Siif-Energies du Midi. « La municipalité, peut-être en mal de grands projets, a accueilli à bras ouverts cette alléchante proposition, observe-t-il. Seuls les élus croient au miracle financier pour gérer leurs budgets étriqués, et cela sans débattre ni tenir compte des effets pervers que cela pourra avoir dans l'avenir d'un territoire communal ». L'ex-maire de Salles-Curan précise que, sous sa mandature, l'assemblée municipale avait refusé un projet éolien, de moindre envergure.
David Bouviala a-t-il lu L'odyssée ? Toujours est-il que pour lui, Éole et le chant des sirènes sont deux pièges comparables pour qui veut naviguer sereinement et tenir le cap, celui en l'occurrence de la gestion communale. Ainsi estime-t-il que l'apport économique du projet sera très restreint : « Ces pylônes sont d'une telle complexité que la maintenance et l'entretien ne peuvent pas être assurés par une main d'uvre locale, donc pas de création d'emplois comme l'affirme le maire, sinon peut-être l'embauche de cantonniers pour entretenir la voirie et assurer le déneigement. Et quelles retombées sur les entreprises locales ? », interroge-t-il.
L'ancien édile ne cache pas davantage sa perplexité quant à l'apport financier du projet, à commencer par la taxe professionnelle qui, rappelons-le, tombe dans l'escarcelle de la communauté de communes Lévézou-Pareloup. « Le maire nous affirme par avance qu'il a obtenu l'accord des autres maires pour en avoir la plus grande partie, je suis plus que sceptique à ce sujet, avec mon expérience de président du Sivom, quant à la mansuétude des autres communes », prévient David Bouviala. Avant de rappeler que la taxe professionnelle « pourrait être supprimée avant l'élection présidentielle ».
Envisageant « sur le plan touristique et environnemental, la plus grande catastrophe à court et long termes que la commune aura connue », David Bouviala oppose, à l'absence de pollution atmosphérique mise en avant par les défenseurs de l'éolien, la pollution visuelle de semblables projets. « Conserver un avenir aux éléments du passé, voilà la devise dont on devrait s'inspirer plutôt que de rechercher des investissements industriels, même s'ils sont soit disant écologiques », estime l'ancien maire. Qui pointe du doigt un projet porteur de vents conflictuels : « Une dizaine d'agriculteurs sur cent auront un excellent rendement de quelques parcelles, est-ce là l'intérêt général ? Sans préjuger des jalousies exacerbées entre propriétaires bénéficiant de la manne sans en avoir la gêne et ceux ayant la gêne sans en avoir la manne ! » Dernier argument de David Bouviala qui, après avoir pendant dix-huit ans représenté la majorité électorale, assure se poser pour l'occasion en porte-parole de « nombreux » concitoyens « silencieux ».
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