Le projet dimplantation du parc éolien au Crêt Moniot suscite lémulation. Le comité de défense du site et Christian Coutal, président de la communauté de communes du canton de Montbenoît exposent chacun leurs arguments.
Avec un parc dune quinzaine déoliennes de 120 m de haut chacune , le Crêt Moniot présentera bientôt un visage bien différent de celui que connaissent les habitants du canton de Montbenoît et leurs voisins. Et ce futur changement ne laisse pas indifférent. La preuve, un Comité de défense du Crêt Moniot sest créé. Lobjectif de ses membres : « être constructifs dans le débat » quils trouvent opaque compte tenu de lampleur dun tel projet. « Lavancée de ce projet se fait entre les élus et la société Eole-Res et cest tout », lancent le comité. « Le projet a fait lobjet de plusieurs réunions dinformation publiques ouvertes à tous les habitants du canton », riposte Christian Coutal , président de la communauté de communes du canton de Montbenoît. Le comité dénonce une « désinformation permanente de la voix populaire et une confusion dans le débat qui nest pas un débat pour ou contre le nucléaire ». « Où est passée linformation envers les citoyens ?, non, lélectricité ne sera pas gratuite pour les Saugeais ! oui, les habitants du canton paieront toujours des impôts », martèlent les membres du comité. Ils évoquent, papiers officiels de lADEME à lappui, lagence départementale pour la maîtrise de lénergie, une augmentation inévitable du coût de lélectricité. Créer pour générer de la taxe professionnelle.
Trois communes sont réellement concernées par ce sujet : Arc-sous-Cicon , Aubonne et Saint-Gorgon-Main . Ce sont leurs trois conseils municipaux qui donneront ou non le permis de construire à la société Eole-Res dans quelque temps. « Au départ, lidée était de créer une activité qui pourrait générer un revenu en terme de taxe professionnelle », explique M. Coutal. Le projet est rapidement passé sous le chapeau de lintercommunalité pour éviter lécrêtement des taxes. « Lintercommunalité na aucune compétence en matière durbanisme. Elle se contente juste daccompagner le projet au-delà du futur parc éolien, dans le cadre déventuels projets qui pourraient être liés à celui-ci. Elle nest pas investisseur », continue le président.
Le comité dénonce « un jackpot financier dont le profit ira aux financiers plutôt quaux locaux ».
Dans le domaine de lénergie, un certain vague persiste autour du versement et de la répartition de la taxe professionnelle. « Elle est remise en cause par le caractère du site qui se trouve en ZRR, zone de revitalisation rurale ; ce qui donne droit à une exonération de taxe professionnelle. Qui va payer ? », sinterrogent les membres du comité. M. Coutal répond: « LEtat exonère effectivement cette taxe pendant un certain laps de temps, mais il la reverse intégralement. Le but de cette opération est de favoriser limplantation de nouvelles entreprises sur notre territoire local et rural ». « Ce sont donc les habitants qui vont payer avec leurs impôts », conclue le comité.
TP multipliée par 2,5
Pour la communauté, le jeu en vaut la chandelle puisque la TP du parc éolien devrait multiplier par deux et demi les recettes fiscales, « sans augmenter les impôts », samuse M. Coutal. Selon lui, à part limpact visuel indéniable pour le secteur, lautre problème pourrait être la gestion des flux sur le site . « Il faut à tout prix que ce lieu conserve son esprit Nature en étant ouvert, dans les environs proches, aux seuls piétons et cyclistes ». Globalement, ce projet est pour lélu, « une aubaine environnementale au sens large pour faire face aux surcoûts des espaces ruraux ».
Laspect touristique du site est déjà dans les esprits. Pourtant, certaines questions du comité restent sans réponse. Ses membres réclament dailleurs une étude magnétique pour les habitants situés à moins dun kilomètre du site. Mais ils sont persuadés que ce débat doit « rester un débat de citoyens responsables ». Christian Coutal estime quant à lui, de façon très imagée, « quil faut savoir faire des choix et prendre le train quand il passe ». chacun défend donc ses positions. Un débat qui suscite une émulation démocratique nécessaire et utile pour chacun.
Jérôme Martinet - Voix du Haut-Doubs
« Une chance pour le site »
M. Laurent, vous êtes chargé de projet à la Société Eole-RES. A quel stade en est le projet dimplantation dun parc éolien au Crêt Moniot ?
Lemplacement final des éoliennes est quasiment défini. Le parc sera constitué dune quinzaine déoliennes leur nombre exact nétant pas tout à fait arrêté dune puissance de deux méga-watts chacune. Les bras des éoliennes mesureront 80 m de haut avec des éoliennes de 80 m de diamètre. Soit une hauteur totale de 120 m. Actuellement, nous sommes en train de préparer le dossier du permis de construire. Nous avons tenu trois réunions publiques pour informer la population de notre projet. Une étude acoustique a été menée. Notre projet de 33 millions deuros respecte la loi puisque le niveau démergence ne dépasse pas trois décibels la nuit. De toute façon, la problématique acoustique est inexistante pour les éoliennes.
Pourquoi avoir choisi le Crêt Moniot pour ce projet ?
En 2000, un atlas éolien a été mis en place pour retenir les meilleurs sites pour accueillir ce type de projet. Celui du Crêt Moniot présentait tous les critères de sélection. Notre anémomètre y fonctionne depuis deux ans et demi. Les mesures de vent sont tout à fait favorables. De plus, laccès au site est très facile par la route puisque aucun village nest à traverser. Cest une chance pour le site.
Que pensez-vous de la mobilisation du comité de défense du crêt Moniot ?
Il y a toujours une contestation avant lobtention du permis de construire. Après, il ny en a plus. Nous travaillons dans la plus grande transparence. Dun point de vue touristique, le Crêt Moniot pourrait rapidement devenir la balade numéro 1 dans le Haut-Doubs.