Limplantation des éoliennes ne serait pas aussi idyllique que lon veut le laisser croire. Lassociation Vent de Colère sur le Plateau du Petit Caux a permis vendredi soir à la salle des Fêtes de Baromesnil dappréhender plus en détail ce qui attend les riverains de ces pylônes. Jusqualors, les propriétaires terriens et les municipalités voyaient dans larrivée des éoliennes lopportunité de saisir une manne financière. Ils sont passés à côté de la taxe professionnelle de la centrale nucléaire de Penly et trouvent ici leur revanche.
François Mary , professeur de mathématiques et résident de Baromesnil souhaite dans son association faire réfléchir la population. Et il a trouvé vendredi soir de nombreuses oreilles attentives, avec des futurs voisins déoliennes très inquiets et des élus interrogatifs. A Etalondes notamment, on craint davoir été déjà trompés lorsquune éolienne supplémentaire est sortie du chapeau, sur Mancheville , sans que les élus en aient été avisés. La municipalité se plaçait dans un contexte dintérêt global, alors quun projet était ficelé juste derrière les limites de son territoire.
Les arguments de François Mary ont semblé convaincre bien des membres de cette assemblée. Lassociation a été créée en décembre 2003. Elle a pour objectif de protéger les espaces naturels et les paysages du département de Seine-Maritime et plus particulièrement de la région du Petit-Caux entre Bresle et Yères .
François Mary met en avant les atouts de ce petit coin de Normandie qui la vu naître et sétonne que sur ce plateau qui a conservé un aspect rural très naturel, de tels projets puissent être envisagés alors que la Normandie a déjà fait dénormes concessions, notamment dans la construction de ses centrales nucléaires. Le plateau du Petit Caux est traversé par plusieurs chemins de randonnée, dominant de surcroît la vallée de lYères, qui est un site Natura 2000 comprenant des zones classées (Saint-Martin-Le-Gaillard), tandis que la ville dEu est station verte réputée pour son patrimoine, alors quil en est de même pour Le Tréport et Mers-les-Bains comme stations touristiques.
Nous aurions dû dans un premier temps nous trouver en présence dappels doffres et dun projet global. En fait, ces différents projets, qui concernent plusieurs villages, sur le même plateau, ont été conduits séparément les uns les autres, le plus localement possible, dans un flou plus ou moins grand selon les cas, mais jamais avec une transparence totale. Les propriétaires de gîtes ruraux peuvent également craindre la fuite des touristes, alors que nombre dentre eux ont su fidéliser une clientèle qui souhaite se reposer dans un espace privilégié, hors de lurbanisation et le béton.
Lorateur met directement en cause larrêté Cochet , qui amène léolien à un développement qui se prépare de façon anarchique, seulement guidé par un appât de gain (loin dêtre démontré) à court terme.
François Mary nest pourtant pas opposé au développement des énergies renouvelables, mais pas à nimporte quel prix : Cela va immanquablement aboutir à un saccage de notre paysage rural et entraîner un préjudice important quant à la qualité de vie de nos communes. De nombreux habitants tiennent à préserver ce mieux vivre et sopposent aux projets qui le détruiraient.
La fiabilité des éoliennes était en effet largement remise en cause, alors que de nombreuses fermes cherchent actuellement repreneur pour défaut de rentabilité ou vieillissement précoce.
Et la taxe professionnelle nest pas versée durant les premières années, rappelle lorateur de ce cours magistral qui en laisse plus dun bouche bée.
La France est en effet un des meilleurs élèves de lEurope dans le cadre de la lutte contre les effets de serre. Alors que 80 % de lélectricité de lhexagone est dorigine nucléaire, presque personne nest prêt à remettre en cause cette énergie. Seuls les Verts, relayés par Greenpeace mettent en garde la nouvelle technologie EPR. Les écologistes de la vallée de la Bresle et de lYères restent hors du débat, étrangement silencieux, ne souhaitant sans doute pas prendre part aux débats pour ne pas déplaire à leur ancien ministre de lEnvironnement, M. Cochet.
Pourtant, des études sont alarmantes quant au nombre doiseaux hachés dans les couloirs migratoires et une nouvelle fois, la chasse est seule en ligne de mire alors que les risques des éoliennes sont occultés. Elles pourraient aussi avoir des conséquences sur le rythme cardiaque de lhomme mais pour démontrer cette hypothèse, les études ne font que débuter.
Le prix de rachat de lélectricité par EDF amène aussi à se poser des questions à laube des projets de privatisation. Lentreprise privée sera -t- elle daccord pour payer trois fois le prix du marché cette électricité ?
120 associations sont déjà fédérées à Vent de Colère et ils sont de plus en plus nombreux à prendre conscience de ce qui risque darriver. Cest le cas de Mme Mary qui a été prévenue que sa maison dans la campagne perdrait 50 % de sa valeur si les éoliennes venaient à être implantées sur le plateau.
Cela amène à réfléchir.
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Une forêt déoliennes
Les projets dimplantation déoliennes sont très importants dans notre région. Plusieurs ont déjà capoté ou été retirés volontairement en raison dimpact visuel incompatible. Reste néanmoins en lice le dossier de Criel et Saint-Martin-le-Gaillard pour 8 éoliennes longeant la vallée de lYères, Flocques et Etalondes devaient en avoir 7, ils ont appris quune huitième leur était imposée, 5 éoliennes sont à létude à Mesnil-Réaume, 6 pour Baromesnil et Saint Martin-le-Gaillard, 18 pour Baromesnil, Saint-Martin-le-Gaillard et Saint-Rémy-Boscrocourt.
Il est donc très difficile de se retrouver dans cet imbroglio, des projets qui se télescopent et que découvre la population.
Bien entendu, le préfet de Région Haute-Normandie aura le dernier mot et la signature sera sans doute apposée après une étude très pointue.
Mais la Haute-Normandie ayant déjà largement contribué à fournir de lénergie par ses centrales nucléaires, on peut sétonner que ce secteur ne puisse être épargné par de nouvelles menaces sur l'équilibre de ses espaces paysagers.
Rares sont en effet les villages à ne pas avoir été appâtés par cette promesse de manne financière. Guerville devait abandonner cette étude en découvrant que cette commune est située sur un couloir aérien, mais finalement létude dimpact se poursuit, laviation civile ayant relevé laltitude minimale de sécurité.
Les éoliennes nont pas fini de faire du bruit....
A Etalondes , des habitants mettaient en avant une suspicion de tromperie : sur les photos des promoteurs, des éoliennes ne semblent pas dépasser en hauteur un bosquet darbres.
Les relations risquent par les éoliennes de se détériorer avec les élus, à limage de cet habitant qui reproche à son maire de ne pas avoir fait du porte-à-porte pour prévenir de cette menace.
Le maire dEtalondes rappelle que la réunion publique na pas encore eu lieu dans sa commune et quil était donc présent avec plusieurs autres élus à Baromesnil pour se renseigner. Une démarche qui a été saluée positivement.
On nen est donc la plupart du temps quà des accords de principe et mieux renseignés, les élus vont analyser limpact des éoliennes avec encore plus de sérieux.
Le conseiller général du canton dEu , Jean Garraud , rappelait que lon parle de plus en plus de la privatisation dEDF : Nous nous trouvons dans une période où le service public a été beaucoup mis à mal. Ce sont les besoins dénergie qui doivent guider les développements. M. Garraud est persuadé que le nucléaire est indispensable dans le moment présent. Lélu du département posait ces questions, combien, comment, où, quelles nuisances, comment les maîtriser avant dajouter : Si lon opère le libéralisme, le libre marché, on va à la catastrophe.
Léolienne ne restera quune solution dappoint, alors que cette énergie sera toujours à production non garantie.
Certaines communes ont appris dans les dossiers leur proximité de Mesnil-Plage , un manque de précision qui en dit long.
Le maire de Baromesnil , Jean-Pierre Rade , qui abritait cette réunion dans la salle des Fêtes, sinquiète de limbrication des propositions, présentées dans lanarchie la plus totale, et souhaiterait que ce débat émane de la communauté de communes, pour se trouver en présence dune réelle charte éolienne.
Nous sommes ici dans des milieux urbanisés. Le parc de 60 éoliennes que nous avons visité en Allemagne se trouvait dans un espace désertique, sans présence de la moindre habitation à lhorizon.
E. Royer