Les 133 éoliennes érigées dans le parc Le Nordais à Matane et Cap-Chat voilà cinq ans ne produisent pas à la hauteur des attentes de la compagnie Axor qui les exploite. En fait, il semble que le taux d'efficacité de ces dernières soit très faible par rapport à la moyenne mondiale. La puissance du parc de 133 éoliennes est de 100 mégawatts d'électricité, mais en réalité, les éoliennes n'en produisent que 16,5 mégawatts. Le taux d'efficacité est donc bien inférieur à la moyenne mondiale qui se situe entre 30 et 45 %.
En entrevue à Radio-Canada le président de la compagnie Axor, Yvan Dupont, a mis en cause les vents gaspésiens et la technologie danoise qui n'a pas été à la hauteur. « On nous parlait de 26.5 % de facteur d'utilisation à l'époque. La réalité s'est avérée être 16.5 %. C'est une réalité qui a été douloureuse pour nous. » Le groupe Axor croit toujours qu'il est possible d'améliorer le rendement. Il a bien l'intention d'être dans la course aux mille mégawatts d'Hydro-Québec.
Réaction de Jean-Louis Chaumel
Les réactions n'ont pas tardé notamment par Jean-Louis Chaumel du Groupe éolien de l'Université du Québec à Rimouski. D'abord selon lui les vents ne sont pas en cause. Monsieur Chaumel affirme qu'il y a plutôt eu des erreurs de parcours en voulant intégrer une technologie éolienne mal adaptée. «Je ne voudrais pas lancer la pierre à personne. Vous savez, Axor a été le premier grand parc canadien d'éoliennes et cela comportait des risques. Le parc malheureusement a souffert de problèmes techniques et mécaniques. Je me rappelle encore d'avoir vu en janvier dernier plusieurs éoliennes en panne alors que la demande pour l'électricité atteignait des pointes », souligne-t-il.
Une chose est certaine, dit encore monsieur Chaumel, le nord de la Gaspésie présente toujours un site exceptionnel avec des gisements éoliens moyens de 7 mètres par seconde.