Luc Recordon
Avocat, ingénieur-physicien dipl. EPFL, conseiller national , Les Verts .Extraits
Le développement durable consiste à protéger, à restaurer et à promouvoir notre environnement, tout en assurant une production raisonnable de biens et de services en répercutant leur coût sur les particuliers de manière équitable. Mais comment faire?
La question est essentielle dans un domaine aussi complexe et muftifactoriel que la politique énergétique. Les pouvoirs publics sont à l'évidence un acteur important, sans le rôle de déclencheur desquels des pans entiers de ce domaine d'activité ne se développeront pas. Cet aspect, néanmoins, ne doit pas occulter que le déploiement efficace et la réussite de toute stratégie reposent en définitive sur le comportement des principaux acteurs : les particuliers et l'économie.
....
Quant au solaire et à l'éolien , il ne s'agit pas de les sous-estimer, mais force est de constater que leurs possibilités, considérables dans les pays chauds pour le solaire et dans les régions maritimes pour le vent , sont plus réduites en Suisse et justifient moins que pour la géothermie, la biomasse et l'hydroélectricité un engagement des deniers publics .
C'est donc plutôt à l'échelle locale, par l'effort des communes dans les endroits où cela se justifie, qu'il faut valoriser ces deux sources. Notre pays compte des régions bien ensoleillées. Mais, même dans les lieux moins privilégiés, des bâtiments se prêtent à l'utilisation de l'énergie solaire, en particulier pour la production d'eau chaude sanitaire et, dans une moindre mesure, pour le chauffage des locaux.
Les communes doivent donc utiliser ces agents de substitution dans la mesure du possible. En outre, dans les secteurs de montagne isolés, le solaire photovoltaïque est un moyen intéressant pour assurer un approvisionnement électrique, ce qui permet de faire l'économie de lignes de transport coûteuses.
Quant aux éoliennes, c'est également dans les secteurs montagneux et peu peuplés que des possibilités locales ou régionales méritent d'être exploitées.
Quels substituts?
On observe ainsi qu'à l'échelle internationale et à long terme, la biomasse, partout où l'agriculture joue un rôle important, fournit une option digne d'intérêt. Depuis des décennies, certains pays, comme le Brésil, ont consacré des programmes importants à son développement. Mais à l'échelle mondiale, l'apport de la biomasse reste marginal.
Il en va de même pour la géothermie, partout où la géologie offre des possibilités intéressantes. On se réfère volontiers aux cas de la Toscane ou de l'Islande, avec des photos de spectaculaires fumerolles. Mais ailleurs dans le monde, Suisse comprise, l'état des connaissances géologiques est insuffisant pour évaluer le potentiel géothermique de manière réaliste. En revanche, les énergies solaire et éolienne auront, à l'échelle mondiale, un rôle important à jouer, que l'on peut évaluer avec davantage de précision.
L'immensité du travail en suspens et les facteurs d'incertitude rendent tout pronostic aléatoire, même si l'on s'efforce, depuis les chocs pétroliers, de mieux cerner la scène énergétique.
J'estime que la politique énergétique future de la Suisse devrait s'articuler autour de l'allègement du poids des hydrocarbures et de l'uranium. Cet objectif passe par le développement ciblé de quatre sources de substitution majeures : la géothermie, la biomasse, la petite hydraulique et les économies d'énergie.
Lire l'article complet ci-dessous.