Le syndicat des énergies renouvelables a dénoncé mercredi le "nouvel obstacle au développement de l'éolien" que constituerait le vote par les députés d'un amendement sur l'éolien, adopté la semaine dernière en commission des affaires économiques avant l'examen du projet de loi d'orientation sur l'énergie. Cet amendement déposé par le député UMP Patrick Ollier prévoit de transférer le droit de délivrer des permis de construire d'éoliennes au maire après avis conforme de la commission des sites et avis des communes avoisinantes.
"Cela équivaut à donner un droit de veto à la commission des sites et fragilise grandement les permis de construire qui, aujourd'hui délivrés par les préfets, font très souvent l'objet de recours devant les tribunaux", estime le syndicat des énergies renouvelables (SER) dans un communiqué.
Le SER se déclare "totalement opposé à cet amendement qui sous couvert de décentralisation ou de protection des paysages constitue un nouvel obstacle au développement de l'éolien."
La France est une des lanternes rouges de l'Union européenne en matière d'exploitation de l'énergie du vent pour produire de l'électricité, alors qu'elle dispose du meilleur gisement éolien des Quinze derrière la Grande-Bretagne. Avec 239 mégawatts (MW) de puissance éolienne installée fin 2003, elle fait pâle figure face à l'Allemagne (14.609 MW), l'Espagneet le Danemark (3.110 MW).
Le développement d'éoliennes se heurte très souvent à l'opposition d'associations locales, en dépit d'une opinion publique majoritairement favorable, selon les sondages.
Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'impact paysager des éoliennes est soigneusement étudié, l'instruction du permis de construire passant par 27 administrations.