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22.05.2004 - Le Soir

Bièvre Le collège échevinal respectera l'avis des habitants - Un parc d'éoliennes sur les trois

Au terme d'une consultation de la population, un seul des trois projets éoliens passe la rampe, à Bièvre. Le collège émettra, donc, deux avis négatifs.
En résumé, c'est un « oui » franc et massif à Bièvre, un « non » sans équivoque à Monceau-en-Ardenne et un « non » plus nuancé à Baillamont. Les habitants de ces localités ont eu trois semaines pour exprimer leur éventuelle opposition aux projets éoliens de la société louvaniste Windvision. Au total, le promoteur se proposait de construire quatorze moulins modernes, répartis en trois bouquets. En lançant la consultation de ses administrés, le bourgmestre de Bièvre, David Clarinval, avait bien précisé que le sort de chacun des projets serait examiné séparément. A l'arrivée, donc, seules les cinq éoliennes du « Roye Navais » à Bièvre sont retenues. Moins de 1 % des habitants invités à s'exprimer ont émis un avis négatif. Le collège échevinal ne s'opposera pas, non plus, à ce projet.
Tout comme, il se prononcera résolument contre le bouquet de cinq éoliennes de Monceau-en-Ardenne, rejeté par 47 % des habitants de la localité dont l'opinion était sollicitée (rejet qui se situe à 32 %, si on tient compte de l'avis des seconds résidents).
Ce sera « non » aussi au projet de Baillamon t (quatre éoliennes) également rejeté, mais moins massivement, par les habitants. Ici, 29,4 % des citoyens de plus de 16 ans ont dit leur opposition à un bouquet de quatre éoliennes (24 % avec les seconds résidents). C'est, donc, au-dessus du seuil des 20 % d'opinions négatives fixé par le collège. Mais cette opposition moins tranchée justifie une petite concession des autorités à la société Windvision. Elle est autorisée à remettre son projet à l'étude. Elle propose de reculer les éoliennes de 250 mètres supplémentaires elles se situeraient dès lors à quelque 600 mètres des premières habitations. Dans quelques mois, quand le nouveau projet sera défini, les habitants de Baillamont seront une nouvelle fois consultés, a précisé le bourgmestre.
David Clarinval se félicite d'avoir adopté cette méthode de travail qui lui épargne une fameuse crise avec son opinion publique. Il analyse les résultats contrastés de la consultation en fonction d'éléments purement topographiques. Plus les éoliennes étaient éloignées des habitations, plus l'accueil a été positif. A Monceau, en plus, elles auraient dû être construites dans un paysage vallonné, typiquement ardennais. Il y a eu, sur place, une assez forte mobilisation.
Face à ce résultat, issu d'une procédure non officielle, la société Windvision a décidé de jouer le jeu. Sachant aussi que le collège a seulement le pouvoir d'émettre un avis sur une demande de permis.
Nous respectons l'opinion des habitants, explique Joris Hintjens, responsable des projets chez Windvision. Nous restons en bons termes avec les principaux opposants à notre projet. Nous allons, donc, sans doute après l'été, introduire une demande de permis pour le site de Bièvre. Mais nous allons devoir refaire nos calculs de rentabilité, surtout en fonction des possibilités de raccordement au réseau. Au départ, c'est à Monceau que nous devions injecter notre courant, c'est aussi ce qui rendait ce site le plus intéressant.
Et c'est sans doute pourquoi Windvision estime que le projet de Monceau est seulement en suspens. Quand les éoliennes de Bièvre seront réalisées, les opposants des autres villages changeront peut-être d'avis.
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