Le projet de loi d'orientation sur l'énergie constitue un "désastre" pour l'éolien mais contient des "avancées significatives" pour le solaire, a estimé vendredi le président du Syndicat des énergies renouvelables André Antolini. Dans un entretien avec l'AFP, au lendemain de l'examen en première lecture du texte par l'Assemblée nationale, l'industriel a dénoncé la "guerre de harcèlement anti-éolien qui continue d'être animée par la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée" (présidée par l'UMP Patrick Ollier).
Cette commission, dit-il "a adopté et fait adopter un amendement éolicide" au projet qui exige un avis favorable de la commission des sites pour tout permis de construire éolien et confie au maire, et non plus au préfet, la délivrance de celui-ci.
La commission des sites, composée de membres de l'administration et d'ONG, choisis par le préfet, donnait jusqu'à maintenant un avis consultatif sur l'insertion dans le paysage d'un parc éolien.
"On donne un droit de veto à une commission qui n'a aucune légitimité démocratique et devient une sorte de tribunal d'exception, c'est un peu comme si nous étions des malfrats", a relevé M. Antolini dont l'organisation représente plus 100 entreprises de toutes les industries renouvelables.
Et de s'étonner qu'"on prétende donner dans le même texte un nouveau pouvoir au maire tout en le lui retirant immédiatement puisqu'il doit se soumettre à l'avis de la commission des sites".
"appoint au nucléaire"
"On fusille l'éolien avant qu'il n'ait démarré, on veut mettre tous nos oeufs dans le même panier, c'est-à-dire le nucléaire", a poursuivi M. Antolini dans une allusion aux prises de position répétées de M. Ollier en faveur de l'atome.
Installer 10.000-12.000 mégawatts d'éolien représenterait "2 à 3%" de la production électrique française de 2010 contre 0,1% aujourd'hui installés), a-t-il noté. "On ne prend de part de marché à personne, l'éolien ne joue pas dans la même cour que les grands, il ne peut que servir d'appoint au nucléaire".
M. Antolini a critiqué aussi un autre amendement voté par l'Assemblée, selon lequel "l'Etat privilégiera le recours aux appels d'offres" pour développer les renouvelables produisant de l'électricité. "Cette procédure a prouvé son inefficacité dans le passé", a-t-il souligné.
Il a approuvé par contre l'augmentation à 40% contre 15% auparavant du crédit d'impôt octroyé aux particuliers qui acquièrent pour leur logement des chauffe-eau solaires et tout autre équipement utilisant les renouvelables. "Nous demandions 50%, pour les particuliers comme pour les entreprises, mais c'est déjà positif", a-t-il dit.
Il s'est félicité également que le projet rétablisse les conduits de fumée dans les constructions neuves, une mesure indispensable pour la promotion du chauffage au bois.