Les Français approuvent à une majorité écrasante (98%) les énergies renouvelables, tout en marquant des réticences à la construction des éoliennes, selon une enquête de l'Institut Louis Harris publiée mercredi par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).Alors que les professionnels réunis mercredi pour le congrès du Syndicat des énergies renouvelables déplorent le blocage des projets d'éoliennes, le sondage révèle une opinion très favorable aux énergies "vertes" générées par le soleil, le vent, l'eau et la biomasse (bois, déchets végétaux...).
98% des personnes interrogées se déclarent "personnellement plutôt favorables ou tout à fait favorables au développement des énergies renouvelables en France". Ils sont 96% à les juger "bénéfiques pour l'environnement" et autant à les qualifier de "solution d'avenir".
Tout serait donc rose au pays des énergies vertes, si les projets d'éoliennes, indispensables pour remplir l'objectif officiel de 21% de la consommation électrique produite à partir d'énergies renouvelables en 2010 (15% aujourd'hui), ne se heurtaient à des oppositions farouches.
A travers une multitude de questions l'enquête identifie 8% d'"anti" énergies renouvelables, et 42% de "frileux" par rapport à l'éolien, contre 30% de "convaincus", très favorables aux énergies vertes, et 20% insuffisamment informés.
L'énergie solaire fait presque l'unanimité . 90% des personnes interrogées se déclarent favorables à l'installation de panneaux solaires sur des bâtiments publics (mairies, gymnases ou hôpitaux), et 83% les accepteraient sur leur propre toit.
En revanche, les éoliennes divisent davantage: pour 58% des personnes interrogées, elles sont une source de gêne pour les riverains et 47% les jugent bruyantes.
Une nette majorité (62%) accepterait un parc d'éoliennes "à moins d'un km" de chez elle, contre 36% d'un avis contraire. Les opposants convaincus "ne sont pas si nombreux, mais ils savent peut-être mieux se faire entendre que la majorité silencieuse", déplore Chantal Dekernne, du service économique de l'Ademe.
L'institut Louis Harris a réalisé l'enquête par téléphone du 15 au 23 avril auprès de 1.002 personnes représentatives de la population française de plus de 18 ans.