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04.07.2004 - Midi Libre

Une association dénonce le mirage des éoliennes

Depuis quelques semaines, le projet de parc éolien sur les hauteurs de Gages suscite l'émoi des habitants. Face à une réalité beaucoup moins engageante que celle présentée il y a deux ans par Ventura S. A. (un fonds de pension allemand), une association d'opposants s'est créée dans l'urgence, il y a un mois.
En peu de temps, " L'information citoyenne à Gages-Montrozier ", a obtenu le soutien de 243 riverains décidés à s'opposer à un projet, à leurs yeux, mal adapté au site. « Le rapport de force est passablement inéquitable. Mais nous faisons les efforts nécessaires pour démontrer le bien fondé de nos arguments. » Arguments exposés, hier, en mairie de Gages, au commissaire enquêteur Michel Borgese, chargé de remettre son avis à la préfecture le 8 août prochain. Président de l'association, Thierry Janneteau adopte un langage des plus mesurés. « Il ne s'agit pas d'être contre les éoliennes. Mais de s'opposer à un emplacement et à une production non adéquats. » Il regrette en outre le double langage de la société allemande. « C'est le miroir aux alouettes. En février 2002, dans son document de présentation, Ventura parlait de huit éoliennes de 50 à 80 mètres. Aujourd'hui, elles feraient plus de 100 mètres de haut. Elle prétendait que les chemins seraient préservés. Mais, les camions devant installer les mâts auront un gabarit de plus de cinq mètres. Et il faudra mettre en place des chemins d'au moins huit mètres de large ! » Il conteste également la rentabilité financière du projet. « Elle est fortement compromise.
D'abord, il n'y a pas de vent.
Les mesures effectuées n'ont pas, été communiquées. Ou on fait référence à des mesures à Salles-la-Source ! Ventura prétend aussi que le courant pourra être racheté à tarif préférentiel. Mais l'installation ne remplit pas les conditions ! »
La situation même de Ventura S. A. inquiète l'association. « C'est un fonds de pension allemand. Qui ne paie pas d'impôts en France. Avec pour seul objectif de rentabiliser son capital. En ramassant en plus les fonds publics de l'Ademe. (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.) Il semble en plus qu'actuellement les actions de la société soient en train de chuter. Il ne faudrait pas se retrouver avec un chantier en plan, une fois les crédits publics encaissés ! » Toutefois, au final, un certain optimisme prédomine. « Les services de la Préfecture ont déjà mis en avant certaines incohérences du projet. Le maire de Gages a lui aussi découvert la réalité de ce projet et a marqué son opposition. » Une prise de position argumentée dont le commissaire enquêteur, avec la réserve qui sied à sa fonction, a pris bonne note.
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