On peut contester avec de bonnes raisons l'efficacité des études d'impact sur l'environnement (EIE) lorsqu'il s'agit de juger s'il faut accepter ou refuser un projet combattu par des oppositions. En effet, puisque les EIE font l'objet de mandats des promoteurs à des bureaux privés, force est d'admettre que si elles avaient abouti négativement, le projet n'aurait pas été mis à l'enquête publique.Il faut cependant accorder à la démarche de l'EIE une grande valeur didactique pour les requérants, les autorités, les voisins concernés et la population intéressée en général : c'est l'occasion de voir posées (et parfois traitées) des questions souvent éludées concernant les effets sur la nature et le paysage de la future construction ou installation.
La législation actuelle mentionne, dans une liste exhaustive, les projets soumis à une EIE obligatoire. On y trouve, entre autres, les lignes à haute tension, les parkings à partir de 300 places, les usines hydroélectriques, les golfs et les stands de tir, mais paradoxalement, les parcs industriels d'éoliennes, dont le gigantisme représente un impact sur le paysage manifestement supérieur à celui de nombre d'objets de la liste, y sont absents.
La FP est intervenue auprès de l'Ofefp afin qu'il soumette au Conseil fédéral, compétent en la matière, l'adjonction des grandes éoliennes et des parcs (à partir de trois aérogénérateurs) au nombre des projets impliquant une EIE obligatoire. Dans une première réponse, l'Office a décidé d'intégrer cette proposition aux réflexions en cours dans le cadre d'une évaluation globale de l'EIE, consécutive à plusieurs interventions parlementaires.
Extrait du Rapport annuel 2003 de la FP