Le marché de léolien qui devrait démarrer en France se révèle aussi un placement financier intéressant grâce à une batterie de dispositions fiscales. Des investisseurs privés normands sont sur les rangs. En France et notamment en Normandie, tout reste à faire dans le domaine de léolien. Les quelques rares projets en cours se heurtent le plus souvent à des réticences dassociations de riverains, voire au rejet de grands établissements publics. « Lerreur commise par des promoteurs trop pressés a été de multiplier à tout va les propositions dimplantation, en cherchant même à sinstaller inutilement dans des zones environnementales sensibles. Cela a créé une image négative », regrette Pierre-Emmanuel Martin, développeur de sites de production dénergies renouvelables.
Disposant dun vaste territoire, la France ne manque pourtant pas de place pour accueillir des machines et rattraper son retard par rapport à ses partenaires européens, dautant quelle bénéficie datouts climatiques importants. Aujourdhui, la production dénergie éolienne dans le pays est de lordre de 253 MW (MégaWatts) loin derrière lAllemagne (14.600 MW), lEspagne (6.400 MW) et le Danemark (3.110 MW).
Lobjectif de lEtat est dinstaller 12.000 MW à lhorizon 2010. Si le chiffre est qualifié de « très ambitieux », les professionnels de léolien souvent des étrangers - considèrent que La France affiche désormais une vraie volonté. Les pouvoirs publics ont mis en uvre un ensemble de dispositions financières particulièrement privilégiées pour les investisseurs privés. Votée en juillet 2003, la loi Dutreil permet une réduction dimpôts égale à 25 % du montant investi (dans la limite de 40 000 euros sur 4 ans) et exonéré dans la totalité de lISF ( Impôt de Solidarité sur la Fortune).
Mais surtout, EDF a lobligation contractuelle de racheter aux particuliers producteurs lénergie à un prix fixé par le ministère de lIndustrie, qui est environ de 0,08 euros/kWh. Sur un site bien choisi et dans des conditions dexploitation efficace, cela permet davoir des taux de rentabilité de 10 à 12%, « voire beaucoup plus », sur les fonds nets investis.
Basée à Caen, une société patrimoniale, la Financière du Cèdre avec son partenaire la Financière des Energies et le constructeur germanique Nordex, a posé ses premiers jalons en Normandie. Elle vient de présenter à des investisseurs privés « PELEIA » un projet de parc de 5 éoliennes de 2,3 MW situé à Janville dans la Beauce qui sera mis en service fin 2005 pour un coût global de 15 millions dEuros. « Le marché qui présente des garanties exceptionnelles va être en très forte croissance dans les années à venir », explique Jean-louis Nass, gérant de la société normande.