Total et la Compagnie du vent se retirent du plateau agricole du Mantois
Les projets prévoyaient dimplanter des éoliennes de 130 mètres de hauteur. Pas suffisamment de vent, des frais de raccordement trop onéreux : la société Total et la Compagnie du vent ont mis fin à leur projet éolien sur le plateau agricole au sud de Mantes. Les associations qui sétaient mobilisées ne font pas de triomphalisme.
Dévoilés lan dernier quasiment jour pour jour, les projets dimplantation de deux champs déoliennes de 130 mètres de hauteur avaient soulevé une tempête de protestations, mobilisant deux associations de défense de lenvironnement «Sauver» à Septeuil et «Pas comme à vent» créée par trois élus dAndelu.
Si elles avaient abouti, les deux opérations auraient conduit à linstallation dune trentaine déoliennes sur deux lignes distinctes : lune partant au sud de Guerville pour rejoindre Hargeville, en passant par Boinville et Arnouville ; lautre suivant la ligne EDF haute tension, de la limite de Thoiry à Goussonville, en passant par Andelu et Jumeauville.
Mais simultanément, la Compagnie du vent, une société originaire de la région de Montpellier, et Total ont retiré leur projet. Chacune avance des raisons différentes.
Total qui avait eu lautorisation de poser un mât sur la commune dHargeville vient de recevoir les résultats de la campagne de mesures qui a duré un an. Ils ne sont pas bons : « Le vent est insuffisant. Cest lunique raison qui nous a conduits à abandonner », affirme le service communication du département «énergie renouvelable» de Total.
La Compagnie du vent donne une autre explication à son retrait : « Les éoliennes produisent une énergie dune puissance de 10 à 20 mégawatts. Or, les lignes électriques toutes proches sont à très haute tension, entre 225 000 et 400 000 volts. Il aurait fallu construire un transformateur dun coût denviron 6 à 8 millions deuros. Cet investissement aurait été trop lourd au regard du projet dexploitation », explique Jean-Mathieu Kolb, ingénieur à la Compagnie du vent.
Il reconnaît quil y a eu beaucoup dopposition : « Mais si les conditions avaient été bonnes, nous nous serions battus », assure-t-il.
« La victoire du bon sens »
Faut-il voir anguille sous roche dans ses explications qui nont rien à voir lune avec lautre ? Pas forcément. Dune part, Total disposait dune possibilité de raccordement au réseau EDF, via une station de pompage, et naurait donc pas eu de gros frais dinstallation annexe. Dautre part, La compagnie du vent na pas mené de campagne de mesure. Elle navait donc pas danalyses précises sur la qualité des ressources éoliennes du plateau.
Le transformateur est-il le seul motif qui a conduit la société montpelliéraine a jeté léponge ? Jean-Philippe Gireaud, conseiller municipal dAndelu et fondateur de lassociation « Pas comme à vent » nen est pas complètement convaincu. « La lettre annonçant le retrait de La compagnie du vent est datée du 13 octobre, mais elle na été postée que le 26 du mois. Cest-à-dire quatre jours après la tenue du conseil municipal dAndelu. Or, lors de cette séance, les élus ont voté à lunanimité deux délibérations importantes. La première retirait lautorisation dinstaller un mât de mesure sur la commune, la Compagnie du vent nayant pas tenu ses engagements de présenter son projet aux habitants. La seconde posait comme règle linterdiction dériger des éoliennes en labsence de concertation et daccord avec les autres communes », explique-t-il.
Les deux délibérations ont été présentées une semaine après que lassociation a déposé une demande de référendum local accompagnée de plus de 70 signatures délecteurs, soir plus de 20 % des inscrits sur la liste électorale, comme lexige la loi.
Après un an de bataille, lassociation « Pas comme à vent » a obtenu gain de cause. Mais pas question de faire dans le triomphalisme. « Notre maire a rejoint notre point de vue. Pas une voix na manqué au conseil municipal. Cest la victoire du bon sens », affirme le président de « Pas comme à vent ».
La vigilance toujours de mise
Andelu pourra dormir sur ses deux oreilles sans craindre de voir arriver dimmenses éoliennes, mais ce nest pas pour autant que lassociation « Pas comme à vent » va se mettre en sommeil. « Nous resterons en état de veille vigilante. Geneviève Tessier, notre secrétaire, est désormais vice-présidente de la fédération nationale Vent de colère », ajoute Jean-Philippe Gireaud.
Si le danger est écarté pour le sud du Mantois, il semble que dautres projets soient à létude sur le plateau de Bréval et à Cravent. Affaire à suivre.
Lassociation Sauver peut enfin souffler
Lannonce de labandon des projets dimplantations déolienne dans le sud du Mantois constitue une victoire pour les associations de défense de lenvironnement dont SAUVER, particulièrement active sur le dossier. « Sauver se réjouit de ces décisions de bon sens pour lesquelles elle a mené bataille avec énergie depuis le début de lannée. Nous remercions tous ceux qui ont soutenu notre combat, les élus nationaux et régionaux et en particulier les municipalités qui se sont clairement positionnées contre ces projets. Une mobilisation associative importante peut amener à infléchir les projets nuisibles », a déclaré Marie-Christine Piot, présidente de SAUVER.
Satisfaite de lavortement des projets par Total et la Compagnie du vent, lassociation reste néanmoins vigilante pour lavenir. « Le coût de rachat subventionné de lélectricité éolienne profite aux industriels et favorise toujours un développement anarchique des projets de ce type, au détriment dautres formes dénergie renouvelables moins nuisibles et plus prometteuses ».