La multiplication des projets de parcs éoliens a entrainé celle des associations de riverains en colère qui dénoncent leurs nuisances sonores et visuelles, l'anarchie des implantations, et aussi l'accroissement paradoxal des émissions de gaz à effet de serre. "L'ambiguité, c'est que les éoliennes ont été lancées pour limiter les gaz à effet de serre, mais elles contribuent à en produire davantage", souligne Véronique Kerzogien, secrétaire de l'association "Des Eoliennes et des Hommes" , à Pleyber-Christ (Finistère).
"L'éolien ne fonctionne que par intermittence, soit 25% du temps en moyenne, et doit être régulé le reste du temps par des centrales thermiques, principalement à gaz et situées à proximité", résume Pierre Bonn, de la fédération Vent de Colère , regroupant 170 associations anti-éoliennes.
"Le CO2 économisé par les éoliennes sera produit trois fois par les centrales thermiques", estime le porte-parole, qui préconise avant tout de "faire des économies d'énergie".
Les opposants déplorent également l'anarchie des projets - tous différents en hauteur, surface, énergie -, qui naissent selon eux sans respect des riverains.
Au premier plan des récriminations, la distance entre éoliennes et habitations, jugée souvent insuffisante.
"Il faut un cadre juridique pour réglementer cette distance, en fonction de la hauteur des éoliennes par exemple, avec des contrôles après la construction", estime Stéphanie Grall, présidente de l'association des Abers (Finistère), pour qui "d'autres sources d'énergie renouvelable sont à développer: géothermie, biomasse, biodiesel, énergie solaire".
Progrès technologiques
Certains évoquent un minimum de 500 m à respecter, comme Magali Schweitzer, du bureau d'étude Valorem, à Rouen, qui parle d'une "règle de bonne conduite". D'autres préconisent des distances plus importantes, mais guère compatibles avec un habitat très dispersé.
"Si les premières éoliennes faisaient du bruit, la technologie s'est améliorée et les fabricants offrent désormais des garanties", rectifie cependant Nathalie Le Meur, du bureau d'étude Nass and Wind technologies, dans le Morbihan.
Pourtant, les riverains restent nombreux à déplorer une proximité qui provoque selon eux nuisances sonores (bruits, sifflements, vibrations) et visuelles (effets stroboscopiques), interférences télévisuelles et décote immobilière.
Selon les associations, une propriétaire de Ploudalmézeau (Finistère), a ainsi vu la valeur de sa maison chuter de 30% après l'annonce de l'installation d'éoliennes.
A Châteaulin (Finistère), la protection de sites "emblématiques" pour l'économie touristique est mise en avant par les associations qui dénoncent l'autorisation préfectorale d'implanter 8 machines de 120 mètres de haut.
Le tribut payé par la faune et la flore, difficile à évaluer, est également un argument des riverains, qui déplorent notamment la destruction de migrateurs, de rapaces et de chauves-souris.