|
20.01.2005 - Journal L'Alsace - Le Pays

Les éoliennes du Lomont enterrées ?

Quinze éoliennes devraient voir le jour cette année sur les montagnes du Lomont. Mais, suite à une découverte inattendue, les opposants espèrent que le projet tombe à l'eau.
Le Lomont. Un jour sans vent au lieu-dit du Cerneussot à Solemont. Deux membres de l'association Alerte Lomont En Danger (ALED) ne sont pas peu fiers d'une découverte qui pourrait sérieusement remettre en question les travaux d'implantation de quinze éoliennes sur le petit massif franc-comtois. « Nous avons découvert ici, sur le lieu même d'implantation de deux éoliennes de 140 m de haut, plus de 80 tumulus », explique André Prost, professeur d'université de géologie à la retraite. « Il s'agit d'une accumulation de pierres placées de manière à former des sépultures. Maintenant, nous ne savons pas ce qu'il y a dessous. C'est aux archéologues de nous le dire. Dans tous les cas, il s'agit d'une découverte historique dans ce secteur. C'est la preuve que des populations vivaient sur cette montagne, il y a peut-être plusieurs milliers d'années avant Jésus Christ ». La déforestation a débuté
Aussi curieux que cela puisse paraître, André Prost était, il y a seulement quelques jours, ce qu'on appelle un « pro-éolien ». « J'encourageais réellement ce projet que je pensais écologique avant qu'on m'ouvre les yeux. Ici, il n'y a quasiment pas de vent et les éoliennes ne tourneront qu'un tiers du temps. Pour le restant, le relais sera pris par des centrales
thermiques ! », regrette le retraité qui a rejoint les rangs d'ALED dirigée par le principal opposant, Bertrand Macabrey. L'agriculteur de la ferme de la Fiautre à Solemont a été le seul propriétaire de terrain a refuser l'offre pourtant alléchante de la société Eole-res en charge de ce projet qui va modifier le paysage des communes de Feule, Neuchâtel-Urtière, Valonne, Vyt-lès-Belvoir et donc Solemont. « À l'époque, on me proposait environ 10 000 euros par mois assurés pendant 30 ans pour installer des éoliennes sur mes terres », se souvient Bertrand Macabrey qui, d'une part, ne supporte pas qu'on change définitivement le visage de sa montagne, et d'autre part a été convaincu, par le biais de l'association nationale Vent de colère des nuisances engendrées par les éoliennes. « Curieusement, cette société ne s'installe pas où il y a du vent, mais plutôt où il y a le plus de subventions à prendre », avance l'opposant. « D'ailleurs pour vendre leur projet, les responsables parlaient d'une éolienne touristique. Aujourd'hui, on n'en entend plus parler du tout. Grâce à notre découverte, par contre, nous tendons la perche à ceux qui vantaient le tourisme éolien. Si ce site est mis en valeur, le Lomont sera un lieu encore plus attractif ».
Mais pour l'heure, rien ne prouve que cette découverte de tumulus va modifier la donne. Ce qui est certain, en revanche, est que les travaux de déforestation entamés autour du futur emplacement de l'éolienne numéro 14 ne rassurent pas vraiment les opposants.
|