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10.02.2005 - Est Républicain

Vents contraires sur le Lomont

Bientôt le permis de construire pour les quinze éoliennes, sur les crêtes du Lomont, côté ouest. Les opposants exigent de la Région une prospection archéologique. « Eoliennes = centrales thermiques », « Eoliennes = travaux gigantesques et dévastateurs »... En six points, le tract qu'a distribué cette semaine l'association « Alerte Lomont en danger » ( Aled ) détaille ses arguments contre l'installation d'éoliennes sur les crêtes du Lomont, à l'ouest. L'Aled a été créée en octobre dernier et compte douze adhérents, « tous déterminés », comme l'explique, le secrétaire, Jean-Claude Bonnot , « sans compter les sympathisants ».
Une tempête dans un verre d'eau, pour le premier magistrat de Solemont, qui ne voit là que « des élucubrations » et qui soutient le projet, comme les autres municipalités concernées. La société Eoleres veut aligner quinze éoliennes, traversant les communes de Solemont, Feule, Neuchâtel-Urtière, Vyt-les-Belvoir et Valonne.
Les éoliennes, montées sur un pylone de 90 m, mesurent 120 m, en bout de pale et fournissent 2 mégawatts d'électricité chacune. Solemont en accueillerait deux, sur des terrains, qui appartiennent à des agriculteurs. Le projet est déjà bien avancé. L'enquête publique y est favorable. Quant au permis de construire, il devrait être délivré, d'ici une dizaine de jours. Pierre le Guen imagine bien, « pourquoi pas », le début des travaux, dans le courant de l'année.
Tumulus ou tas de pierre ?
Bertrand Macabrey, président de l'Aled et propriétaire d'une ferme à Solemont, a étoffé son réquisitoire, en mettant en avant la découverte d'environ quatre-vingt monticules de pierres, « bien rangés », là où prendront pied les éoliennes, à Solemont. Des tumulus ? C'est ce que croit le président de l'Aded, qui a fait venir un archéologue de Besançon. « Notre espoir de voir le projet remis en cause repose en partie là-dessus ».
Pour Pierre le Guen, cette découverte n'a rien d'archéologique mais tout d'un coup monté. « Comme par hasard, on tombe sur ça seulement maintenant, pile-poil à l'emplacement de l'éolienne nème13 ». Le service archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles se montre prudent : « Tous les agriculteurs qui ont exploité ont épierré ». Une prospection est prévue, une fois les neiges fondues, et avant que la végétation ait repoussé.
Dans son tract, l'Aled prend également à contre-pied le discours écologique traditionnel, favorable aux énergies renouvelables. Pour l'association, les éoliennes ne tournant pas tout le temps, la production électrique exige un ajustement et donc le recours à des centrales thermiques proches (qui restent à construire). D'où pollution.
Pierre Le Guen balaie cet argument : « Les éoliennes profitent au réseau national, qui s'équilibre, sans qu'on ait besoin de construire centrales thermiques ? Au contraire, cela prend sur les productions électriques polluantes. » Un point de vue partagé par Michel Cottet, à Doubs nature environnement.
A vrai dire, tout oppose le maire de Solemont à l'Aled. Les chiffres. « 2.000 m3 et 5.000 tonnes de bétons pour chaque base de pylone », écrit l'Aled dans son tract. « 500 tonnes », réplique le maire, qui tient ses chiffres du constructeur. Le bruit ? Le maire affirme n'avoir rien entendu, à plus de cent mètres, quand il a visité des éoliennes comparables, sur le mont Crosin, en Suisse. La construction d'une voie d'accès ? « Nous récupérons les chemins forestiers créés ou à créer. Des chemins de six mètres de large pour le passage des grumes. »
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