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06.04.2005 - L'Express

Eoliennes à Tête-de-Ran - Opposants confortés par le juge

Le Tribunal administratif de Neuchâtel donne raison aux opposants à limplantation de sept éoliennes sur le site de Crêt-Meuron. Une première suisse qui laisse perplexes les promoteurs du projet
Le vent tourne, plutôt mal, pour les éoliennes prévues sur le site de Crêt-Meuron, entre La Vue-des-Alpes et Tête-de-Ran. La décision rendue lundi par le Tribunal administratif de Neuchâtel, donnant raison aux opposants au projet, met en péril leur réalisation. Le parc prévoyait sept éoliennes de 93 mètres de haut sur une surface totale dun peu plus de 100 hectares.
Première suisse en la matière, le juge neuchâtelois a estimé que la production dénergie «très faible sinon quasi insignifiante» des installations envisagées ne suffisait pas à contrebalancer leur impact important sur le paysage.
«Je suis surpris par cette décision, admet Pierre Hirschy, chef du Département de la gestion du territoire, qui avait levé les oppositions. Cest un excellent projet qui tient compte des critères nécessaires. Refuser ce projet, cest un peu tirer sur le concept même de lénergie éolienne. Cela pose la question de savoir si les objectifs des autorités fédérales de développer ce type dénergie dici 2010 est vraiment réaliste.»
Recours encore incertain
Quelles suites le DGT entend-t-il donner à ce dossier? «Nous envisageons les possibilités de recours au Tribunal fédéral, mais nous devons dabord analyser larrêt du tribunal et mener des discussions à linterne, répond Pierre Hirschy. Nous avons un délai dun mois pour en décider.»
Du côté des recourants, lheure est à la satisfaction. «Cela confirme que nos convictions étaient fondées, relève Richard Patthey, responsable romand de la Fondation suisse pour la protection et laménagement du paysage. Qui assure que son association est «de loin pas» opposée au développement des énergies renouvelables: «Nous y sommes au contraire absolument favorables. Il faut remplacer les énergies fossiles, mais avec discernement.»
«Cette décision permet de relancer le débat, renchérit Bernard Chapuis, président des amis de Tête-de-Ran/La Vue-des-Alpes. Il ne faut pas se leurrer, lénergie éolienne ne peut pas se substituer au nucléaire. Il faut surtout investir dans la mise en valeur du bois, lénergie solaire thermique, la géothermie (réd: utilisation de la chaleur des sous-sols) et les forces hydrauliques existantes.»
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