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07.04.2005 - 24Heures

Des arguments favorables aux opposants au parc déoliennes

Le Tribunal administratif du canton de Neuchâtel a donné gain de cause aux opposants à limplantation déoliennes au Crêt-Meuron. Il juge lintérêt dune telle production dénergie insuffisant par rapport à limpact sur le paysage. Cette décision pourrait poser des difficultés pour le projet similaire de Sainte-Croix, qui fait aussi lobjet dun recours.
Le verdict du Tribunal administratif de Neuchâtel sur limplantation déoliennes au Crêt-Meuron met un bâton dans les roues de lénergie issue du vent. Sans préjuger du sort que la justice vaudoise réservera au parc du Mont-des-Cerfs et des Gittaz, cette décision ne laisse pas indifférentes les personnes impliquées dans le projet sainte-crix.
En examinant lutilité des éoliennes de la Vue-des-Alpes sur le plan de la production dénergie, les juges neuchâtelois ont en effet conclu à un intérêt «actuellement extrêmement faible, sinon quasi insignifiant, et qui le demeurera sans doute». Les installations, dune hauteur totale de 93 mètres et dispersées sur plus de 100 hectares, auront par contre un impact important sur le paysage. Or le parc de sept ou huit éoliennes prévu à Sainte-Croix est semblable, dun point de vue technique, à celui du Crêt-Meuron puisquil doit lui aussi fournir léquivalent de la consommation de 4000 ménages.
Il faut cependant savoir que les sommets neuchâtelois bénéficient dun statut particulier, ce qui nest pas le cas de leurs voisins vaudois. «Mais au-delà de la notion de protection des crêtes par un décret, les juges ont fait la pesée des intérêts entre limpact sur le paysage et la quantité dénergie produite. Cela tendrait à aller dans le même sens à Sainte-Croix», estime Bernard Chapuis, président de lAssociation des amis de Tête-de-Ran et la Vue-des-Alpes, en précisant que les installations pourraient être encore plus hautes à Sainte-Croix.
Décision dénoncée
Les partisans de lénergie éolienne ont dailleurs eux aussi interprété de manière large le verdict de la Cour neuchâteloise. «Cette décision fait fi des volontés politiques de promouvoir les énergies renouvelables», dénonce Martin Kernen, porte-parole de lassociation Suisse Eole. «Nous sommes inquiets. Cest un jugement fait par un tribunal, mais cela pose une difficulté supplémentaire pour les autres projets», poursuit-il.
Du côté de Sainte-Croix, Robert-Tito Haarpaintner, président du groupe de travail pour le parc du Mont-des-Cerfs et des Gittaz, espère donc que les juges du Tribunal administratif vaudois auront une sensibilité différente, tout comme le Tribunal fédéral si laffaire est portée jusque-là. «Notre projet ne se situe par ailleurs pas dans le même environnement que celui du Crêt-Meuron, puisquil est placé au-dessus de Sainte-Croix où il y a déjà de lindustrialisation», précise-t-il.
Cet avis nest bien sûr pas partagé par Olivier Lador, président de lAssociation pour la sauvegarde des Gittaz et du Mont-des-Cerfs, qui a déposé un recours au Tribunal administratif en octobre dernier contre la décision des autorités cantonales de lever les oppositions au parc déoliennes. «En plus de largument principal qui est la protection du site, nous relèverons le fait que la population a voté contre le projet lors dun référendum en 1999», rappellet-il.
Pour les éoliennes sainte-crix, la prochaine étape aura lieu le 26 mai prochain, date à laquelle le tribunal se rendra sur les crêtes pour étudier le site.
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