La politique énergétique de la Suisse est confortée par les engagements pris hier par les ministres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), selon le conseiller fédéral Moritz Leuenberger. Un point fait l'unanimité: celui de rationaliser la consommation.
«Le modèle suisse basé sur la préservation de l'environnement et sur le transport combiné rail-route pour les camions a suscité un vif intérêt», a noté le chef du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) en conférence de presse de bilan de la rencontre ministérielle qui s'est tenue lundi et hier à Paris. «Ce type de réunions constitue une sorte de thermomètre de la politique énergétique au niveau global», a poursuivi M. Leuenberger, notant au passage que les Etats-Unis, qui misent totalement sur le marché et l'accroissement de la production, ont «véritablement une autre vision du monde en la matière».
Les divergences entre les deux côtés de l'Atlantique n'ont toutefois pas empêché l'ensemble des ministres de s'engager à intensifier leurs efforts pour accroître l'efficacité énergétique, selon le communiqué final de la réunion. L'AIE se voit en plus chargée d'évaluer les progrès.
Dans un contexte de boom économique en Chine et de flambée des prix du pétrole, la question de l'approvisionnement est devenue des plus cruciales. A ce titre, la Suisse dépend à 80% de l'étranger.
Elle partage par conséquent entièrement l'objectif prioritaire des pays de l'AIE, à savoir de diminuer leur dépendance croissante à l'égard des importations, alors que les ressources naturelles s'épuisent.
Pour la Suisse, le maître mot est donc «optimiser», grâce notamment aux nouvelles technologies, a dit en substance M. Leuenberger.
Quelque 30% des nouvelles villas helvétiques sont ainsi équipées de pompes à chaleur. «La géothermie, la biomasse et l'utilisation du bois présentent un important potentiel», a ajouté le patron du DETEC, ajoutant en revanche que l'énergie éolienne ne peut pas vraiment constituer une véritable alternative dans le pays.
Pour les transports privés, M. Leuenberger suggère aux Cantons de favoriser fiscalement les voitures «propres». Sur le plan de la production d'électricité, il a enfin rappelé que différents projets de surélévation de barrages sont actuellement à l'étude.
Reste que les investissements auxquels vont procéder les Suisses dans la production au cours des prochaines décennies resteront une goutte d'eau dans un océan. L'AIE évalue à pas moins de 16 000 milliards de dollars (19 200 milliards de francs) d'ici à 2030 les apports en capitaux que nécessitera ce secteur.
La consommation ne peut en effet que croître, quelles que soient les mesures d'économies entreprises, ont convenu les ministres. C'est d'ailleurs ce phénomène qui est le principal responsable de l'envolée du prix de l'or noir, et non la spéculation, selon le communiqué de l'AIE.