Lassociation pour la défense des Gittaz et du Mont-des-Cerfs apprend avec satisfaction, dans votre édition du 8 avril, la décision du Tribunal Administratif de Neuchâtel qui admet les recours des opposants et annule les décisions du Département neuchâtelois de la gestion du territoire. Sagissant du notre opposition au site éolien de Sainte-Croix et sans vouloir préjuger des conclusions du Tribunal administratif de Lausanne, nous constatons que la décision neuchâteloise est un premier élément de jurisprudence dans le dossier éolien suisse. Notre lutte y trouve une justification supplémentaire puisque la problématique du site de Crêt-Meuron est semblable à celle de Sainte-Croix.
Il sagit de la pesée des intérêts entre la production dénergie éolienne et la protection du paysage. A lévidence, le juge conclut que « lintérêt à la préservation des espaces naturels, de plus en plus exposés à de multiples atteintes importantes, doit lemporter sur la réalisation de projets litigieux ». Dautant que le tribunal constate que sur le plan de la production dénergie, lintérêt du projet de Crêt-Meuron « est actuellement extrêmement faible, sinon quasi insignifiant, et le demeurera sans doute ». Il en va naturellement de même pour le site de Sainte-Croix.
En ce qui concerne Sainte-Croix, il est intéressant et utile de préciser que lingénieur, moteur et cheville ouvrière de ce projet cantonal), est également celui qui a conduit et présidé la société Baulmescad, pour la réalisation du chauffage à distance de Baulmes. Cette société est actuellement en faillite, suite aux erreurs techniques (réparations estimées entre Fr 500'000 et Fr 800'000), ainsi quà la mauvaise planification financière (6 millions investis par le canton). Cest un rapport du Contrôle Cantonal des Finances critiquant vertement ce fonctionnaire qui a mis ce désastre en évidence et provoqué (discrètement) son renvoi ! Et que penser de la réaction du Conseiller dEtat Mermoud, à lépoque en charge du dossier, avouant : « jadmets une part de responsabilité » ?
Quelle confiance accorder au projet sainte-crix, (27 millions en 1998), initié et piloté par le même fonctionnaire ?
Les promoteurs, quant à eux, ne partagent évidemment pas notre point de vue, eux qui indiquent, dans 24Heures du 7 avril, que les sites vaudois et neuchâtelois ne sont pas comparables puisque le premier « est situé au-dessus de Sainte-Croix où il y a déjà de lindustrialisation ». Nous ne savions pas que les usines Paillard étaient situées au Mont-des-Cerfs. Nous affirmons quant à nous depuis tantôt 8 ans que les éoliennes de Sainte-Croix, non seulement industrialiseraient des pâturages vierges de toute emprise humaine, mais que de plus, ces monstres de 100 à 150 mètres de haut seraient situés à 500 mètres à vol doiseau tant du village de Sainte-Croix que de ceux de La Chaux et de lAuberson.
Association pour la défense des Gittaz et du Mont-des-Cerfs
Armand Jaccard
Olivier Lador