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27.05.2005 - 24Heures Région

Sainte-Croix - Voyage du Tribunal administratif au pays qui rêve d'éoliennes

SAINTE-CROIX - La Cour lausannoise et les parties concernées se sont rassemblées hier sur les sites qui pourraient accueillir une poignée d'éoliennes. Son président, Eric Brandt, attendra toutefois que des gabarits soient mis en place avant de se prononcer. Il prévoit de rendre son arrêt à l'automne.
Une étrange population en complet-cravate arpentait hier les prairies verdoyantes de la Gittaz et du Mont-des-Cerfs, au-dessus de Sainte-Croix. Le Tribunal administratif a convoqué une inspection locale pour affiner l'instruction de l'affaire des éoliennes du Balcon du Jura.
Vingt représentants des parties, le président du Tribunal administratif et son équipe, une trentaine d'étudiants en sciences de l'environnement et autant de vaches noires et blanches: la population qui assistait, hier, à l'inspection locale sur le site retenu pour l'implantation d'éoliennes à Sainte-Croix était pour le moins bigarrée.
Eric Brandt, président en charge de ce dossier, avait décidé de cette visite afin de se rendre compte plus précisément des lieux concernés, et de l'impact que pourraient avoir les éoliennes prévues dans un Plan d'affectation cantonal, et qui font l'objet de plusieurs recours.
En attente de gabarits
Il aurait souhaité pouvoir s'appuyer sur des gabarits matérialisant le rotor et la hauteur maximale des pales d'une éolienne. Toutefois, l'autorisation de l'Office fédéral de l'aviation civile manquait pour qu'ils puissent être mis en place. En conséquence, il n'était pas facile, pour les parties en présence, de se faire une image mentale de la situation. « Les mâts mesureront à peu près trois fois la hauteur de ce sapin », a conclu Eric Brandt.
Si d'innombrables études ont déjà été effectuées concernant le projet d'installer un parc d'éoliennes sur les hauts de Sainte-Croix, beaucoup de points restent toutefois en suspens, à commencer par la hauteur des modèles à choisir et leur nombre. Un flou que n'a pas manqué de relever Me Marc-Antoine Favre, avocat de la plupart des opposants. « Nous sommes au stade du Plan d'affectation cantonal, et pas encore à celui du permis de construire », a répondu Dominique Montavon, membre du bureau d'architecture mandaté par le Canton pour compiler le dossier.
Le seul site du canton
Beaucoup de questions techniques ont été posées durant la visite ainsi que lors de l'audience qui a suivi. Avec en mémoire la décision de début mai du Tribunal administratif neuchâtelois, qui a sonné le glas de nouvelles éoliennes en déclarant « insignifiante » la quantité d'électricité qu'elles pourraient produire. « Le développement des énergies renouvelables fait partie de la politique énergétique du Canton, a résumé Dimitri Magnin, du Service de l'énergie. Or, le site de Sainte-Croix est le seul qui pourrait accueillir des éoliennes. » Et son collègue d'avancer que « 25 % de l'énergie éolienne souhaitée par la Confédération en 2010 serait produite à Sainte-Croix ».
L'audience n'a toutefois pas débouché sur une décision. Le président a préféré se donner le temps d'une visite au site jurassien de Mont-Soleil, où sont visibles des éoliennes du type de celles qui seraient installées à Sainte-Croix. Il souhaite en outre revenir sur le Balcon du Jura lorsque les gabarits seront en place, ce qui devrait se produire dans le courant de l'été. Il estime à l'automne le moment où il rendra son arrêt.
Emmanuel Barraud
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