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12.06.2005 - Le Chaumonnier

Energie éolienne, Moritz Leuenberger sans ambiguïté

NEUCHATEL - Tout récemment, en conférence de presse à Paris, sortant d'une rencontre ministérielle traitant de l'énergie au plus haut niveau, le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger s'est montré parfaitement clair. Il a notamment rappelé que des efforts devaient être entrepris dans diverses directions. En Suisse, la géothermie, la biomasse et l'utilisation du bois présentent déjà un potentiel non négligeable. Des projets de surélévation de barrages sont aussi à l'étude. En revanche ...l'énergie éolienne ne peut pas vraiment constituer une véritable alternative dans le pays... Voilà qui paraît clair.
Dans un autre registre, plus près de chez nous, dans le haut du canton et à Chaumont, la bataille éolienne va bon train. Le Tribunal administratif cantonal, après avoir donné raison aux opposants du projet de Crêt-Meuron, s'est vu opposé trois recours. C'est donc le Tribunal Fédéral qui tranchera en dernier lieu.
Le 9 Mai 2005, l'Etat de Neuchâtel, accompagné de diverses personnes intéressées, a présenté ses arguments. Une fois de plus, pour vanter son produit, on cherche à impressionner la population ...Crêt-Meuron, c'est 27'302 ampoules de 300 watts allumées toute l'année ! ou encore 4000 à 5000 ménages, etc, etc... La vérité serait aussi de reconnaître, une fois pour toutes, ce que représentera l'éolien sur le plan Suisse.
Même son de cloche du côté de Neuchâtel pour le projet de Chaumont. Rappelons que ce projet ne figure pas dans les objectifs nationaux. Là aussi, on cherche à impressionner par le biais de chiffres, de ménages alimentés, le risque de panne et même l'orage. Certains de ces arguments laissent songeur. Les plus malheureux, ce sont ces citoyens de Chaumont, directement touchés, auxquels on plantera des éoliennes sous le nez.
Apparemment, ils n'existent pas et pourtant! Après les belles intentions d'hier et la réalité d'aujourd'hui, plus personne ne s'est approché d'eux, et pour cause. Se faire planter des éoliennes gigantesques, bien plus hautes que ce qui avait été dit, à moins de 300 m. de sa propriété, y a-t-il des candidats ? Pas étonnant, dès lors, que l'opposition se soit développée.
Les communes, le canton et la Confédération disposent de moyens administratifs conséquents. Ils ne s'en privent pas pour promouvoir l'éolien, dans un dialogue souvent unidirectionnel. Il existe aussi d'autres cellules au travers du pays, agissant parfois de manière proche du propagandisme. Le citoyen opposant contribuable, lui, en est réduit à chercher un rédacteur qui voudra bien s'intéresser à sa cause et à payer chaque timbre poste de sa poche. C'est David contre Goliath, une injustice évidente.
Malgré tout ce qui est conté au bon peuple neuchâtelois, il faut savoir qu'en Suisse, l'énergie éolienne restera toujours dérisoire. Nos conditions géographiques ne permettront malheureusement jamais de mettre l'énergie éolienne en valeur, même pas de façon marginale. Il existe un concept éolien national. Dans quelques années, malgré tous les efforts prévus, cette technique ne représentera qu'un ou deux millièmes de la production électrique nécessaire au peuple suisse. Il faut absolument éviter de faire des comparaisons avec certains pays étrangers qui, eux, jouissent de conditions totalement différentes. Cela, tous les spécialistes de l'éolien le savent.
Des professionnels de l'énergie, respectés et largement reconnus, ont publié récemment des chiffres clairs. En Suisse, pour remplacer les kilowattheures nucléaires produits annuellement, il faudrait construire 8000 éoliennes gigantesques de 2 mégawatts de puissance (comme celles prévues à Chaumont). Sauf erreur, il n'existe encore aucune machine de cette taille sur le territoire national. Resterait à leur trouver les endroits favorables, ce qui est tout bonnement illusoire. Schématiquement, en ligne droite, 8000 éoliennes c'est une machine tous les 50 m., de Genève à Constance.
Adieu l'illusion éolienne. Dans de telles conditions, mieux vaut éviter tout de suite de massacrer inutilement la nature et, de surcroît, rendre invivable l'existence des voisins. Répétons-le, bien plus que l'éolien, l'énergie du futur à moindre risque appartient aux techniques géothermiques, au solaire, au bois, à la biomasse mais aussi à l'arrêt du gaspillage.
Pour Crêtes et Chaumont, Pierre Pfund, chargé des relations médiatiques
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