EUROPE - Le constructeur danois Vestas et son homologue espagnol Gamesa, respectivement numéros un et deux mondiaux des éoliennes, ne vont guère apprécier : les critiques se multiplient dans plusieurs pays européens contre cette source d'énergie, pourtant un moyen de production "propre" indispensable pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Les détracteurs de l'éolien souligne que l'électricité produite bénéficie de tarifs de rachat avantageux et que la ruée des investisseurs sur ce créneau est allée trop loin.
En Allemagne même, championne toutes catégories en matière d'installations, le sujet suscite la controverse. Un rapport estimerait même à 6 milliards d'euros le coût supplémentaire de l'éolien pour le pays.
En France, certains estiment aussi que cette énergie - par nature intermittente - fait peser un risque potentiel sur le réseau.
"Avec 20 gigawatts (GW) installés, la production allemande peut varier de plus de 10 GW d'un jour à l'autre, ce qui entraîne des renversements de flux difficiles à prévoir et à maîtriser", a souligné hier André Merlin, directeur du Réseau de transport d'électricité lors d'un colloque à Paris. Une critique reprise par le directeur général du chimiste belge Solvay, Olivier Monfort, qui préférerait voir subventionner des technologies plus utiles pour l'industrie, comme la cogénération.