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19.07.2005 - Les Echos

Vent de discorde

ALLEMAGNE - Les Allemands, on le sait, se soucient fortement de la protection de l'environnement. En témoignent notamment leurs choix énergétiques : sous l'impulsion des Verts, leurs centrales nucléaires sont peu à peu en cours d'arrêt tandis que le pays se couvre de champs d'éoliennes.
Rien à redire, a priori, à de tels choix. Pourtant, à y regarder de plus près, la situation n'est pas aussi rose (ou verte) qu'il y paraît. Ainsi, dans le nucléaire, personne outre-Rhin ne semble s'offusquer que le premier groupe énergétique allemand, E.ON, veuille éventuellement - son choix n'est pas encore définitivement arrêté - prendre une participation dans le futur réacteur nucléaire français EPR. Pas question de reconstruire du nucléaire sur son propre sol, mais si celui des voisins peut fournir aux Allemands de l'électricité à très bon compte...Quant à l'éolien germanique, il n'est pas non plus exempt de critiques. Le pays fait figure de bon élève en la matière avec une capacité installée de près de 17.000 mégawatts qu'il envisage de porter à 35.000 mégawatts à l'horizon 2015. Le but étant que l'éolien fournisse alors 14 % de la consommation nationale d'électricité.
Mais cette volonté d'extension n'est pas sans inquiéter ses voisins dont les ministres de l'Energie et de l'Industrie, le Français François Loos en tête, évoquent régulièrement le sujet lors de leurs discussions sur le nécessaire renforcement des interconnexions électriques.
Car les caprices du vent ne sont pas un mythe et l'arrêt brutal d'un champ d'éoliennes pour cause de vent trop violent provoque une chute de puissance rapide, de quelques centaines de mégawatts, dans les réseaux électriques. Un phénomène d'autant plus sensible dans le nord de l'Allemagne, où sont installés la plupart de ces gigantesque moulins, que la région est soumise à un seul régime de vent, très fort. Le problème, c'est que ces chutes de puissance ne viennent pas perturber les réseaux électriques de l'Allemagne profonde et de la Bavière, mais ceux des pays limitrophes sur lesquels ces parcs sont raccordés. Des pays qui en ont assez de payer les pots cassés pour une Allemagne trop exemplaire...
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