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12.08.2005 - Midi Libre

Aubrac et éoliennes ne font pas bon ménage

FRANCE - Décidément, l'éolien continue de brasser de l'air en Lozère... Pour preuve, la suspension des travaux du parc éolien de la petite commune de Trélans, sur le plateau de l'Aubrac.
RAPPEL : Le tribunal de Montpellier a suspendu, le 8 juillet, l'installation de 8 éoliennes à Trélans.
« Des éoliennes de 90 m de haut implantées à plus de 1 000 m d'altitude portent, à notre avis, atteinte de manière immédiate et durable au site du plateau de l'Aubrac ; ce projet, comme d'autres sur le plateau, nuit au développement économique du territoire fondé sur son image emblématique d'espace naturel. » Cette position de l'Association pour la promotion et le développement durable du plateau de l'Aubrac a, semble-t-il, trouvé écho auprès du tribunal administratif de Montpellier : celui-ci a en effet "retoqué" en référé le projet d'installation de huit éoliennes sur le plateau (lire ML du 24 avril).
Ce parc éolien devait déployer ses ailes entre 1 230 et 1 330 mètres d'altitude, à 2,5 km du signal de Maillebiau, un des endroits les plus emblématiques de l'Aubrac. De là-haut, le spectateur découvre par temps clair le viaduc de Millau et le mont Aigoual... « Alors pas question de laisser défigurer le plateau, s'insurge Pierre Jacquelot, le président de l'association pour la Lozère. Nous ne sommes pas des anti-éoliens, loin de là. Nous réclamons simplement plus de concertation dans la prise de décisions concernant le développement économique et environnemental du plateau. Dans le cas présent, tout le monde s'accorde à dire que le site de Trélans était particulièrement mal choisi. En ce sens, nous avons été suivis par le tribunal de Montpellier. »
L'association, qui étend son action sur les trois départements - Aveyron, Lozère, Cantal - que couvre le plateau de l'Aubrac, a déjà fait avorter deux autres projets éoliens, au Drellier et à Sainte-Urcize (Cantal). Elle demeure également très vigilante sur les ambitions éoliennes dutruc de l'Homme, de La Fage-Montivernoux et d'Albaret-le-Comtal (28 éoliennes au total).
« Ce que nous regrettons par-dessus tout, c'est l'absence de dialogue entre Aubracois. Les maires du plateau ne communiquent pas entre eux et deviennent des proies faciles pour les fabricants d'éoliennes qui leur font miroiter des revenus colossaux liés à la taxe professionnelle. En Aveyron au moins, ils se parlent : 28 communes ont réussi ensemble à faire capoter un projet éolien sur la zone des burons », poursuit Pierre Jacquelot.
Pour l'instant, le dossier est au point mort et les travaux de Trélans suspendus. Reste à savoir quelle sera la position des élus concernés.
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