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15.04.2005 - Communiqué aux médias

Un jugement mûrement réfléchi

Communiqué aux médias
Statuant sur le projet de centrale éolienne entre Tête-de-Ran et la Vue-des-Alpes sur les crêtes du Jura neuchâtelois, le Tribunal administratif cantonal a fait la pesée des intérêts entre son utilité du point de vue énergétique et son impact considérable sur le paysage. Après deux ans danalyses approfondies, il est arrivé à la conclusion que lapport dérisoire de courant supplémentaire ne valait pas le sacrifice dun site particulièrement cher aux Neuchâtelois. A peine le jugement connu, il faut déjà remettre Suisse Eole à sa place.
Lassociation suisse « Paysage sans éoliennes » se réjouit de la décision du 31 mars 2005 du Tribunal administratif du canton de Neuchâtel, qui donne raison aux recourants contre la construction dune centrale de 7 éoliennes de près de 100 mètres de haut sur les crêtes du Jura neuchâtelois.
Selon le communiqué du 5 avril 2005 de Suisse Eole, lorganisation nationale de promotion de lénergie éolienne, le Tribunal administratif aurait dû donner suite, sans autre examen, au projet du Département neuchâtelois de la gestion du territoire. Et comble dironie, après avoir ignoré puis renié le Décret cantonal sur la protection des crêtes et forêts, Suisse Eole attribue la décision négative du Tribunal à cette seule mesure de protection. Or, il nen est rien : une lecture attentive et sans oeillères des considérants (lintégralité de larrêt se trouve ici) permet de constater que les juges ont fait le tour de la question et apprécié finalement le projet quant à son apport énergétique, quils ont estimé déterminant et insuffisant à justifier lindustrialisation des pâturages Derrière Tête-de-Ran.
Face au galimatias de Suisse Eole qui mélange joyeusement la mise en uvre du protocole de Kyoto, le débat sur le CO2, laugmentation du prix du pétrole et lénergie éolienne, nous tenons à rappeler ceci :
Aujourd'hui déjà, la totalité de nos besoins en électricité sont assurés par des systèmes de production qui sont exempts d'émission de CO2 (60% hydraulique, 40% nucléaire). Par conséquent, quel que soit le nombre machines érigées, la contribution des éoliennes au respect, par la Suisse, des engagements de Kyoto restera toujours nulle.
Dans notre pays, la consommation d'électricité représente moins du quart de la consommation totale d'énergie. Les trois quarts restant sont les carburants, les combustibles fossiles et le gaz. Le potentiel de réduction de la pollution atmosphérique réside principalement dans les domaines de l'utilisation des énergies fossiles.
La Suisse n'est fondamentalement pas un pays éolien. Elle ne dispose pas de grands espaces libres inhabités et les conditions aérologiques n'y sont pas favorables en raison du manque de force et de régularité des vents. Chez nous, le rendement des aérogénérateurs ne dépasse pas 12% de leur capacité et leur contribution à la production d'électricité en Suisse ne peut être qu'infime, de l'ordre de quelques pour mille. Une récente étudeP Pde l'OFEN démontre qu'en hérissant d'éoliennes de grandes dimensions toutes les crêtes de l'Arc jurassien et des Préalpes, on ne pourra jamais contribuer, même de façon marginale, au remplacement du nucléaire.
Plutôt que de foncer tête baissée dans le développement d'une filière éolienne sans avenir, la Suisse devrait donner la priorité à la mise en valeur du bois, des déchets organiques et inorganiques, de l'énergie solaire thermique, de la géothermie et de la force hydraulique existante, ceci dans le cadre de leur potentialité et de leur compatibilité avec l'environnement.
Suisse Eole, qui selon ses propres termes est « littéralement soufflé par le jugement du Tribunal administratif du canton de Neuchâtel » devrait admettre, une fois pour toutes, que les moyens financiers gaspillés pour promouvoir lénergie éolienne pourraient être plus judicieusement utilisés, tant du point de vue écologique quéconomique. En priorité, il sagit de renforcer la promotion des techniques déconomie dénergie, premier gisement énergétique, qui a lavantage de ne rien coûter aux consommateurs, plutôt que de leur vendre, au prix fort, un courant qui nest que du vent et ne profite quaux acteurs dun marché de niche.
Ressources naturelles non renouvelables, nos paysages sont des éléments essentiels à la qualité de vie, au délassement du citadin et au développement dun tourisme respectueux de lenvironnement.
Association suisse - Paysage sans éoliennes
c/o Amis de Tête-de-Ran / La Vue des Alpes
Temple Allemand 31
CH-2300 La Chaux-de-Fonds
Président : Bernard Chapuis
Schweizerische Vereinigung - Landschaft ohne Windkraft
c/o Zürcher Heimatschutz
CH 8422 Pfungen
Vice-président : Dr. Buno Kläusli
info@sans-eoliennes.ch
Décision TA avril 2005.pdf 223.2Ko
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