SAINTE-CROIX - Les services impliqués dans le projet dimplantation prennent acte de la décision du Tribunal administratif. Le dossier sera complété avant dêtre remis en consultation.
» En décembre, le Tribunal administratif renvoyait au canton son dossier concernant l'implantation d'éoliennes sur les hauts de Sainte-Croix. Alors que le délai de recours approche, les services concernés disent avoir choisi une autre voie.Les raisons du Tribunal administratif auraient-elles été les meilleures? En tout cas, les services cantonaux impliqués dans le projet d'installation d'un parc éolien sur les hauts de Sainte-Croix n'ont pas l'intention d'user de leur droit de recours en saisissant le Tribunal fédéral, comme cela s'était fait à Neuchâtel dans le cas du parc éolien de Crêt-Meuron, refusé en avril dernier.
Les projets vaudois et neuchâtelois sont comparables, mais les motifs des Tribunaux administratifs de chaque canton ne le sont pas. A Neuchâtel, la question de fond a été tranchée, et l'instance judiciaire a estimé que la production d'énergie des éoliennes ne justifiait pas l'atteinte au paysage. A Lausanne en revanche, le président a relevé un vice de forme lui permettant d'admettre en partie les oppositions sans entrer dans les détails «politiques».
Au canton, le Service de l'énergie (SEVEN) admet donc que la procédure n'a pas été scrupuleusement respectée. Pour pouvoir présenter un nouveau projet, il faudra compléter les préparatifs par une demande de défrichement en bonne et due forme. «Au lieu de définir des zones d'implantation permettant une certaine souplesse au moment des constructions, nous allons devoir choisir plus précisément les endroits où nous voulons construire les éoliennes», précise François Schaller, responsable du projet au SEVEN.
Ce sont ces emplacements qui, une fois déterminés, feront l'objet d'une demande de défrichement. «Nous pourrons conserver toutes les autres études d'impact. Le tout ne devrait donc pas durer six mois», estime François Schaller.
Mais le retard pris jusqu'à l'éventuelle réalisation du projet sera plus important: les opposants ne manqueront pas de réitérer leurs contestations, voire d'en apporter de nouvelles. «A commencer par le défrichement lui-même, qui est en principe interdit», annonce Marc-Etienne Favre, avocat des opposants, qui ne les a toutefois pas encore rencontrés depuis sa «victoire». Le conseil souligne aussi que, la plupart de ses arguments (atteinte au paysage, bruit, afflux de visiteurs, etc.) n'ayant pas été traités, ils seront réutilisables tels quels.
Entre la mise à l'enquête du premier plan d'affectation et la décision du TA, près de trois ans s'étaient écoulés. Il n'est toutefois pas impossible que les décisions tombent plus vite cette fois-ci, car le Tribunal fédéral devrait statuer d'ici au printemps sur le recours neuchâtelois, créant une jurisprudence qui ne manquera pas d'être brandie, que ce soit par un camp ou l'autre.
Emmanuel Barraud