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28.03.2006 - Journal du Jura

Les Verts veulent bel et bien forcer le destin

JURA - «A constater les réactions que nous suscitons dans les autres formations, nous pouvons nous déclarer satisfaits de l'impact que nous produisons et confiants dans la perspective de voir élire l'un des nôtres.» Tel est le credo des Verts.
Ils sont enseignants, employée de commerce, médiamaticien, agronome, étudiante, infirmière, ingénieur ou biologistes, et tous ont la folle ambition de nous faire voir la vie en vert. Un projet ambitieux, ils en sont conscients. Mais à peine entrés dans la course, les 130 membres et sympathisants de cette toute nouvelle formation constatent une effervescence autour de leur programme.
Nés en 2005, les Verts du Jura bernois sont dans la mouvance de ces alliances roses-vertes qui multiplient les bons résultats électoraux aux quatre coins du pays et ils ne voient pas de raison qu'il en aille autrement ici. Au moment de présenter les lignes directrices qui animent les Verts du Jura bernois, Yves Leuzinger, biologiste aux Reussilles et membre du législatif tramelot, annonce d'emblée la couleur. «Les membres des partis radical et UDC qui, aujourd'hui, soutiennent avec raison les ouvriers de la Boillat devraient prendre enfin conscience des risques inhérents à la politique de leurs formations.»
Une culture vivante
De manière générale, les Verts préfèrent une culture vivante et dynamique telle qu'elle est vécue dans notre région qu'à celle centralisée d'un centre culturel unique. Les caméras de surveillance? Elles retiennent leur attention, juste le temps qu'il faut pour placer le débat en amont. «Nous pensons qu'il faut s'attaquer à la source des problèmes et non pas discuter durant des années concernant les outils à utiliser pour surveiller le problème.»
Pour ce qui est de l'incontournable Question jurassienne, les Verts, pragmatiques, préconisent que notre petite entité francophone doit développer ses collaborations avec ses voisins jurassiens et neuchâtelois dans les domaines de la culture certes, mais également celui de l'économie. Jetant un regard sur leurs alliés naturels de gauche, les Verts regrettent qu'ici la gauche soit divisée et souhaitent développer avec le PSJB et le PSA une vraie alliance pour l'avenir.
Bien entendu, les Verts se penchent avec une compétence et une conviction particulières sur les dossiers écologiques. En termes de protection de la nature et du paysage, il y a beaucoup à faire. «Notre région a des atouts évidents que nous devons préserver, indique Yves Leuzinger. Car à entendre certains discours, on a l'impression que le paysage qui nous entoure est beau par nature et quoi qu'il advienne. Il semblerait qu'il soit à prendre par tout le monde sans discernement, ce qui nous inquiète.»
Une nécessité
Les transports publics sont présentés par les Verts comme une nécessité pour l'avenir, ne serait-ce que parce que les aînés et les jeunes doivent pouvoir continuer à se déplacer et être mobiles. A cette fin, des solutions différentes doivent être trouvées et développées.
Les Verts sont ouverts à l'idée de fusions de communes et suggèrent que ces dernières se consultent afin d'être complémentaires dans leurs offres. Elles doivent favoriser les entreprises gérées par des personnes liées à la région et au savoir-faire de la population. Les Verts veulent promouvoir des dépenses ciblées dans les domaines où il n'est pas nécessaire d'investir dans chaque commune; ils veulent susciter l'utilisation commune des infrastructures.
Abordant la question des relations avec les étrangers, les Verts du Jura bernois estiment qu'il ne leur appartient pas de régler la politique d'accueil de la Suisse. Cependant, ils souhaitent des positions claires en amont et une intégration maximale des étrangers présents dans notre région. Ce qui s'est produit l'an dernier à Reconvilier est présenté comme le contre-exemple à éviter.
Pour l'égalité
Les Verts soutiennent d'une manière qualifiée d'évidente l'égalité hommes-femmes et la solidarité intergénérations.
Energie renouvelable
Lorsqu'il s'agit d'évoquer l'avenir énergétique, Yves Leuzinger, leur porte- parole, dit soutenir les énergies renouvelables mais il insiste sur le fait qu'elles doivent être générées en tenant compte d'un bilan environnemental global. Les éoliennes entrent dans ce contexte, mais, compte tenu de leur faible apport, elles ne doivent pas servir d'alibi pour se donner bonne conscience. En outre, leur attrait touristique et leur acceptation par la population dépendra à l'avenir du sens de la mesure avec lequel on les installera dans le paysage. Pas question, donc, de couvrir nos crêtes de champs d'éoliennes, mais au contraire d'activer les pistes de la géothermie des centrales au fil de l'eau, du chauffage au bois et évidemment celle des économies d'énergie, le tout dans le cadre d'une vision globale.
Le sol étant précieux, il faut veiller à le préserver d'un développement galopant et promouvoir une agriculture proche de la nature avec une détention respectueuse des animaux.
Une fière équipe
Ces idées maîtresses, les Verts comptent bien les défendre au nom de la région. Bernhard Pulver, qui a été leur invité récemment et qui est une formidable locomotive pour tous les Verts du canton, les a assurés que dans le contexte actuel, leurs chances sont grandes d'envoyer au moins l'un d'entre eux dans les travées du Rathaus. Quant à lui-même, il se profile de plus en plus comme un sérieux client à la course au Conseil d'Etat. «Tous les Verts, leurs sympathisants et les citoyens désireux de sortir de la logique dangereuse de la droite voteront pour lui», assure Yves Leuzinger non sans ajouter que pour occuper le siège réservé au Jura bernois, Philippe Perrenoud, l'allié socialiste, fera bien mieux l'affaire qu'Annelise Vaucher.
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