VIENNE - Comme à Lusignan, Bonneuil-Matours ou Pleumartin, les opposants à limplantation de parcs éoliens ont tenu une réunion publique, mercredi soir, salle des fêtes de La Chapelle-Viviers. Ici, la seule différence de taille, cest la décision du conseil municipal. Lassemblée communale a enterré toute seule, et comme une grande, le projet. Il y a quinze jours, après concertation de la population, les élus ont voté contre le projet présenté par la société Gamesa. A savoir linstallation de huit éoliennes de 75 m de mât au sud du plateau du « Lan ». « On a envoyé des courriers aux habitants des hameaux les plus concernés. Sur cinquante lettres envoyées, nous avons reçu quarante-cinq réponses. Seules trois étaient favorables », a expliqué le maire Patrick Charrier.
Daprès lui, ce qui a joué dans la balance, nest pas tant les arguments antiéoliens que le « surplus » de signes énergétiques dans le coin avec la présence déjà remarquée de la centrale nucléaire et dune ligne à haute tension. Pour Jean- Louis Butré, président des associations dopposants aux parcs éoliens industriels « Vent du bocage » et « Vent de la Vienne », organisateur de la réunion, le cas de La Chapelle a pourtant valeur dexemple.
« Cest un exemple de démocratie contrairement aux autres projets connus dans la Vienne. Je tiens à féliciter le maire. »
Le JT de Pernault appelé à la rescousse
Cet abandon des pales en rase campagne na pas empêché lhomme, à la tête dun intense lobbying, dexposer ses arguments contre léolien industriel : « Elles produisent 2 à 3 mégawatts mais fonctionnent 20 % du temps. Si elles devaient produire léquivalent de ce que produit la centrale de Civaux, il en faudrait 15.000 pour arriver au même résultat. Le prix de revient est de 6 à 8 centimes pour léolien et de 2 à 3 centimes pour le thermique et le nucléaire ».
Dans la salle, une trentaine de personnes (dont une minorité de Chapellois) ont aussi découvert « latteinte au patrimoine de la France, la préconisation de lAcadémie demédecine et les nuisances ressentis par les riverains ».
Le journal de 13 h de Jean-Pierre Pernault a été dun grand secours. Dans un reportage diffusé il y a trois semaines, les journalistes de la Une ont interrogé des habitants du Finistère excédés par les nuisances dun parc éolien. De quoi apporter de leau au moulin pour éviter de brasser de lair.
Au final, la soirée a été calme. Les opposants aux opposants (pro-éoliens) navaient pas fait le déplacement. Seul Jörg Franzbecker a discrètement pris des notes. Il travaille pour la société Amicus Salus qui prévoit dinstaller huit éoliennes (80 mètres de mât). Létude dimpact est en cours sur la commune de Civaux. Et le promoteur ne se démonte pas : « Les arguments de Vent de colère, on les connaît. »
Les opposants lancent un appel aux élus
Dans un courrier en forme de tract adressé à la présidente du conseil régional, aux sénateurs, députés, conseillers généraux et élus de tout bord, Jean-Louis Butré, président des associations « Vent du bocage » et « Vent de la Vienne », dit « Non aux projets déoliennes géantes dans la Vienne » :
« Nous constatons depuis un an que les promoteurs de léolien opèrent dans la plus grande discrétion pour obtenir des permis de construire. Cette attitude antidémocratique est en contradiction avec la loi et les chartes régionales ou départementales qui mettent en premier le devoir de transparence. Nous déplorons lanarchie actuelle des 45 projets répertoriés dont plus de 23 en cours. La Vienne, au passé historique prestigieux, risque dêtre défigurée par des machines industrielles gigantesques de 150 mètres de haut. Un mitage du territoire est en cours, au mépris des chartes de léolien. LAcadémie de médecine a recommandé de ne pas implanter ces machines à moins de 1,5 km de toute habitation. Aucune justification économique sérieuse ne peut soutenir ces projets. Léolien nest pas la réponse au problème de lénergie. Nous faisons appel à votre sens des responsabilités pour que ces projets naboutissent pas ».