CANADA - Le mouvement d'insatisfaction à l'égard du développement éolien s'élargit et l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent et les syndicats d'Hydro-Québec (SCFP-FTQ) prennent l'initiative d'un mouvement de protestation national pour forcer le gouvernement à revoir sa façon de faire. Une cartographie des projets qui seront soumis dans le cadre du prochain appel d'offre démontre que si tous les projets étaient acceptés, c'est plus de 1 300 éoliennes qu'on verrait à l'est de Rivière-du-Loup, dont 300 seulement pour l'axe Métis-sur-Mer/Matane comprenant 15 000 hectares. «Il n'y a pas de concertation et de planification. Nous demandons un arrêt de tous les projets éoliens et la tenue d'une consultation publique sur le sujet», mentionne le conseiller syndical des syndicats d'Hydro-Québec (SCFP-FTQ), Yannick Proulx.
Le président de l'UPA du Bas-Saint-Laurent, Claude Guimond, met un bémol sur les fameuses retombées économiques dont parlent les promoteurs de projets éoliens. «Ce qui ce fait présentement, c'est de la colonisation. Les propriétaires reçoivent des redevances ridicules et sont complètement dépendants des grandes entreprises qui leur offre 1% des revenus pour compenser la perte de belles terres agricoles ou de lots boisés, alors qu'au Danemark, les propriétaires reçoivent 8%», dénonce-t-il.
Pour plusieurs, il y a trop d'éoliennes en territoire habité. «On se fait coloniser. Il faut gagner la bataille sur le plan politique pour forcer le gouvernement à changer sa façon de gérer le développement de cette énergie», précise l'ex-députée bloquiste Suzanne Tremblay, de la Coalition Urgence Rurale. «Nous voulons un moratoire. Il n'y a pas d'urgence. C'est indécent de voir des éoliennes dans des endroits où il n'y a pas d'acceptabilité sociale», déplore M. Proulx. Les protestataires ne veulent pas mettre fin à ce mode de production d'énergie, mais s'assurer que les projets puissent se réaliser en harmonie avec leur milieu d'accueil